Morsure de tique, prudence !
La maladie de Lyme est due à la bactérie Borrelia, qui touche communément les animaux sauvages. Elle se transmet à l’homme exclusivement par la morsure d’une tique infectée et jamais par le contact d’un animal ou d’une personne malade. La morsure d’une tique se produit le plus souvent à l’occasion d’une promenade en forêt ou dans des herbes hautes.
Si les tiques se trouvent davantage dans les zones boisées de l’Est et du centre de l’Hexagone, riches en gibier, on les retrouve aussi dans les parcs et même les jardins privés. Et toute la France est concernée.
Les contaminations sont à leur maximum entre le début du printemps et la fin de l’automne.
Maladie de Lyme : les premiers signes
Les symptômes de la maladie de Lyme peuvent varier grandement d’une personne à l’autre, mais ils se déclarent généralement dans les 3 à 30 jours après la morsure d’une tique infectée. Souvent, une rougeur de forme ronde apparaît autour du point de morsure. Cet érythème (la rougeur) est dit migrant car, dans les jours qui suivent, la tache arrondie s’agrandit. L’érythème migrant est chaud au toucher, parfois un peu dur au centre, mais ne cause ni douleur, ni démangeaison. Il peut donc ne pas être repéré. Les premiers symptômes peuvent également comprendre : des douleurs articulaires, douleurs musculaires, fièvre, fatigue physique…
Sans traitement, l’érythème migrant continue de s’étendre pendant 3 à 4 semaines puis disparaît, mais peut récidiver. S’il est passé inaperçu, la maladie peut n’être décelée que dans sa deuxième phase qui peut se manifester par des atteintes neurologiques (douleurs dans la zone de la morsure, trouble de la sensibilité tactile, maux de tête, paralysie faciale…), des atteintes rhumatologiques (arthrites) et plus rarement des atteintes cardiaques et oculaires.
Une troisième phase peut apparaître quelques mois à quelques années après une morsure non traitée. Elle se caractérise alors par l’évolution chronique des symptômes de la deuxième phase.
Nathalie Torres, association France Lyme
L’importance d’un diagnostic précoce
En phase primaire, un examen clinique et la présence de l’érythème migrant permettent de poser un diagnostic sûr sans examen sanguin. Les anticorps spécifiques de la maladie n’apparaissent pas avant 6 à 8 semaines après la morsure, la sérologie est donc inutile avant ce délai.
En phase secondaire ou tertiaire, l’observation des symptômes, associée au résultat de la sérologie et en prenant en compte les précédentes rencontres avec les tiques, doit permettre d’identifier la maladie.
Dans tous les cas, le traitement consiste à prendre des antibiotiques par voie orale pendant 14 à 28 jours selon l’atteinte. Traité en phase primaire, l’érythème migrant disparaît en quelques jours.
Une prévention simple
La meilleure prévention consiste à éviter autant que possible les morsures de tiques lors de vos promenades en forêts.
- Évitez les sous-bois humides et les hautes herbes.
- Portez des vêtements couvrants et fermés (pantalon et manches longues), et de couleurs claires pour repérer les tiques plus facilement.
- Portez aussi des chaussures fermées.
- Utilisez un répulsif pour les zones non couvertes. Attention cependant, ces produits sont déconseillés aux femmes enceintes et aux jeunes enfants, et n’ont par ailleurs pas formellement démontré leur efficacité.
- Pendant votre promenade, contrôlez rapidement vos vêtements. Cela permet de se débarrasser des tiques au fur et à mesure et de diminuer la probabilité de morsure.
- Après votre promenade, inspectez votre corps, particulièrement les plis des genoux, les aisselles, les zones génitales, le nombril et le cuir chevelu. Si vous décelez la présence d’une tique, n’utilisez pas d’éther ni tout autre produit ! Ceux-ci provoquent la régurgitation de la tique et donc de la bactérie. Il est recommandé d’utiliser un tire-tique en le glissant sous la tique, le plus près possible de la peau, et en le tournant ensuite délicatement afin de bien retirer toute la tique en une seule fois. Puis désinfectez à l’eau oxygénée. A défaut, il est possible d’utiliser une pince fine pour extraire la tique, mais sans l’écraser au risque de casser la tête. Dans les 30 jours qui suivent, surveillez la zone pour repérer tout signe de rougeur.
Nathalie Torres, vice-présidente de l’association France Lyme
Grâce à l’application « Signalement Tique », il est possible de signaler rapidement une morsure de tique pour aider les scientifiques dans leurs recherches (période, zone géographique, famille de tiques…). Vous pouvez aussi faire un signalement via un formulaire en ligne disponible sur le site CiTIQUE.
Après avoir signalé une piqûre de tique, continuez à aider la science en envoyant la ou les tiques trouvées à :
CiTIQUE – Laboratoire Tous Chercheurs
Centre INRAE Grand Est-Nancy
Rue d’Amance, 54280 Champenoux
Cette démarche permet l’analyse des tiques afin de connaître les agents pathogènes qu’elles portent et ainsi savoir quelles maladies sont les plus susceptibles d’être attrapées suivant la région. Pour envoyer la tique, il suffit de la mettre dans un bout de sopalin que l’on scotche ensuite sur une feuille blanche (avec le numéro de la déclaration indiqué dans l’application) ou sur le formulaire CiTIQUE.
- Borréliose de Lyme, Santé publique France
- Morsure de tique, Assurance maladie
- Maladie de Lyme, Ministère des Solidarités et de la Santé
- Association France Lyme
- Entretien avec Nathalie Torres, association France Lyme
- CiTIQUE
- Anses
