Maladie de Lyme, les tiques attaquent !

Mis à jour le 08/06/2020 par Bérangère Barataud

A la suite d’une promenade en forêt ou d'un pique-nique dans les herbes hautes, vous trouvez une tique sur votre peau et vous l'arrachez... Rien d’extraordinaire à cela, mais restez prudent car les tiques sont vecteurs de nombreuses bactéries, pouvant entraîner notamment la maladie de Lyme. Quelle est cette affection ? Comment la repérer et comment se protéger ? Suivez nos conseils tactiques contre les tiques !

tique maladie de Lyme

Morsure de tique, prudence !

La maladie de Lyme est due à la bactérie Borrelia, qui touche communément les animaux sauvages. Elle se transmet à l’homme exclusivement par la morsure d’une tique infectée et jamais par le contact d’un animal ou d’une personne malade. Ainsi, la morsure d’une tique contaminée se produit le plus souvent à l’occasion d’une promenade en forêt ou dans des herbes hautes.
Toute la France est concernée, plus particulièrement les zones boisées et riches en gibier de l’Est et du centre de l’Hexagone.
Les contaminations sont à leur maximum entre le début du printemps et la fin de l’automne.

Maladie de Lyme : les premiers signes

Les symptômes de la maladie de Lyme peuvent varier grandement d’une personne à l’autre, mais ils se déclarent généralement dans les 3 à 30 jours après la morsure d’une tique infectée. Souvent, une rougeur de forme ronde apparaît autour du point de morsure. Cet érythème (la rougeur) est dit migrant car, dans les jours qui suivent, la tache arrondie s’agrandit. L’érythème migrant est chaud au toucher, parfois un peu dur au centre, mais ne cause ni douleur, ni démangeaison. Il peut donc ne pas être repéré. Les premiers symptômes peuvent également comprendre : des douleurs articulaires, douleurs musculaires, fièvre, fatigue physique

Sans traitement, l’érythème migrant continue de s’étendre pendant 3 à 4 semaines puis disparaît, mais peut récidiver. S’il est passé inaperçu, la maladie peut n’être décelée que dans sa deuxième phase qui peut se manifester par des atteintes neurologiques (douleurs dans la zone de la morsure, trouble de la sensibilité tactile, maux de tête, paralysie faciale…), des atteintes rhumatologiques (arthrites) et plus rarement des atteintes cardiaques et oculaires.
Une troisième phase peut apparaître quelques mois à quelques années après une morsure non traitée. Elle se caractérise alors par l’évolution chronique des symptômes de la deuxième phase.

Quand consulter un médecin ?
« Cela dépend d’un certain nombre de conditions. On conseille d’abord de surveiller l’apparition d’un érythème migrant qui a la forme d’une plaque rouge, plus grande qu’une piqûre habituelle, et qui persiste jusqu’à trois semaines, un mois, avant de partir tout seul. Il s’agit là d’un premier signe d’infection. Certaines personnes peuvent aussi développer une forme disséminée précoce de la maladie de Lyme, avec une série de symptômes inexpliqués : des douleurs musculaires comme une impression de grippe en plein été, mais aussi des douleurs articulaires, une grande fatigue jusqu’à épuisement, des problèmes de concentration, de perte de mémoire… Autant de signes caractéristiques d’une infection à la bactérie Borrelia. Mais aussi, il ne faut pas oublier les autres pathogènes pour l’homme transmis par les tiques qui sont moins souvent recherchés, comme les rickettsies et babésia. Dans tous les cas, il faut consulter un médecin pour pouvoir bénéficier d’un traitement dans les meilleurs délais. »
Nathalie Torres, vice-présidente de l’association France Lyme

L’importance d’un diagnostic précoce

En phase primaire, un examen clinique et la présence de l’érythème migrant permettent de poser un diagnostic sûr sans examen sanguin. Les anticorps spécifiques de la maladie n’apparaissent pas avant 6 à 8 semaines après la morsure, la sérologie est donc inutile avant ce délai.

En phase secondaire ou tertiaire, l’observation des symptômes, associée au résultat de la sérologie et en prenant en compte les précédentes rencontres avec les tiques, doit permettre d’identifier la maladie.

Dans tous les cas, le traitement consiste à prendre des antibiotiques par voie orale pendant 14 à 28 jours selon l’atteinte. Traité en phase primaire, l’érythème migrant disparaît en quelques jours.

Une prévention simple

La meilleure prévention consiste à éviter autant que possible les morsures de tiques lors de vos promenades en forêts.

  • Évitez les sous-bois humides et les hautes herbes.
  • Portez des vêtements couvrants et fermés (pantalon et manches longues), et de couleurs claires pour repérer les tiques plus facilement.
  • Portez aussi des chaussures fermées.
  • Utilisez un répulsif pour les zones non couvertes. Attention cependant, ces produits sont déconseillés aux femmes enceintes et aux jeunes enfants, et n’ont par ailleurs pas formellement démontré leur efficacité.
  • Pendant votre promenade, contrôlez rapidement vos vêtements. Cela permet de se débarrasser des tiques au fur et à mesure et de diminuer la probabilité de morsure.
  • Après votre promenade, inspectez votre corps, particulièrement les plis des genoux, les aisselles, les zones génitales, le nombril et le cuir chevelu. Si vous décelez la présence d’une tique, n’utilisez pas d’éther ni tout autre produit ! Ceux-ci provoquent la régurgitation de la tique et donc de la bactérie. Il est recommandé d’utiliser un tire-tique en le glissant sous la tique, le plus près possible de la peau, et en le tournant ensuite délicatement afin de bien retirer toute la tique en une seule fois. Puis désinfectez à l’eau oxygénée. A défaut, il est possible d’utiliser une pince fine pour extraire la tique, mais sans l’écraser au risque de casser la tête. Dans les 30 jours qui suivent, surveillez la zone pour repérer tout signe de rougeur.

Bon à savoir

Que faire si on se fait mordre par une tique sur son lieu de travail ?
« La morsure de tique doit être constatée par un responsable et le salarié doit faire retirer la tique le plus tôt possible. Si un érythème migrant apparaît à la suite de cette morsure, le médecin du travail doit aussi pouvoir le constater et l’inscrire dans le dossier médical du salarié. En cas de symptômes multiples laissant présager que la maladie chronique se met en place, il est alors plus facile de la faire reconnaître si ces démarches ont été faites en amont. »
Nathalie Torres, vice-présidente de l’association France Lyme

Signalez votre morsure de tique !
Grâce à l’application « Signalement Tique », il est possible de signaler rapidement une morsure de tique pour aider les scientifiques dans leurs recherches (période, zone géographique, famille de tiques…). Vous pouvez aussi faire un signalement via un formulaire en ligne disponible sur le site CiTIQUE.
Après avoir signalé une piqûre de tique, continuez à aider la science en envoyant la ou les tiques trouvées à :
CiTIQUE – Laboratoire Tous Chercheurs
Centre INRAE Grand Est-Nancy
Rue d’Amance, 54280 Champenoux
Cette démarche permet l’analyse des tiques afin de connaître les agents pathogènes qu’elles portent et ainsi savoir quelles maladies sont les plus susceptibles d’être attrapées suivant la région. Pour envoyer la tique, il suffit de la mettre dans un bout de sopalin que l’on scotche ensuite sur une feuille blanche (avec le numéro de la déclaration indiqué dans l’application) ou sur le formulaire CiTIQUE.

Sources :

Géraldine Colleu

Rédigé le 30 avril 2015

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

Tous les articles de Géraldine Colleu
Votre avis nous intéresse

  1. Jean-Marie THOMAS

    très intéressant et instructif.
    Merci beaucoup pour tous vos articles

    Répondre
  2. Lethuillier

    Article très instructif.
    Manque juste qq photos de tiques pour savoir à quoi çà ressemble et pouvoir donc les reconnaître.
    Bonne continuation.

    Répondre
Laisser un commentaire, que pensez-vous de cet article ?