Le bon usage du chauffage

Mis à jour le 18/11/2020 par Bérangère Barataud

Votre chauffage est allumé depuis plusieurs semaines. Parfait ! Mais savez-vous quelle est la bonne température à avoir ? Comment garder votre intérieur sain et sûr ? Et comment rester vigilant face au risque d’intoxication au monoxyde de carbone ? De bons conseils pour passer l’hiver au chaud, en toute sécurité…

Chauffage

Une maison bien chauffée, mais pas surchauffée

Pour votre santé, la température idéale recommandée dans les pièces à vivre de la maison est de 19°C, et elle peut même être inférieure dans les chambres. Les logements bénéficiant d’un chauffage collectif sont souvent surchauffés et l’air devient sec. La peau se dessèche, ce qui peut entraîner une gêne au niveau des yeux, de la bouche et du nez.

Pensez à bien aérer votre logement, au moins 10 minutes 3 fois par jour, et même s’il fait froid dehors ! C’est indispensable pour renouveler l’air, réduire les éventuelles concentrations d’aérosols potentiellement chargés en virus infectieux comme le SARS-CoV-2 responsable de la covid 19, et en même temps évacuer la pollution accumulée dans votre intérieur. Même si vous ne vous en rendez pas compte, les matériaux de construction, les meubles, les produits d’entretien, le tabac sont des sources de pollution pouvant provoquer allergies, irritations des voies respiratoires, maux de tête… Un conseil, quand vos fenêtres sont ouvertes : baissez votre chauffage et surveillez vos enfants !
Il est aussi possible d’humidifier l’air grâce à un humidificateur ou en posant simplement un récipient rempli d’eau à proximité de votre chauffage, ou encore en faisant sécher du linge dans la pièce.

Chauffage : attention à l’intoxication au monoxyde de carbone

L’intoxication au monoxyde de carbone (CO) est la première cause de mortalité par toxique en France, avec près de huit intoxications sur dix qui ont lieu de manière accidentelle dans l’habitat. L’utilisation d’appareils de chauffage (chaudière, chauffage mobile, cuisinière…) présente un risque d’intoxication. Pour vous protéger, suivez quelques règles :

  • Faites installer et vérifier régulièrement le bon fonctionnement de vos moyens de chauffage et de production d’eau chaude par un professionnel qualifié. La plupart des appareils sont concernés : tous les types de chaudières (bois, charbon, gaz, fioul), les chauffe-eau, les inserts de cheminée, les chauffages d’appoint, les cuisinières…
  • Faites ramoner votre cheminée et vos conduits pour permettre une évacuation efficace des produits de combustion.
  • Ne bouchez pas les sorties d’air, la VMC et les grilles de ventilation de votre logement.
  • Respectez les conditions d’utilisation de vos appareils.
  • N’utilisez pas de chauffages mobiles d’appoint en permanence s’ils fonctionnent au butane, propane ou au pétrole.
  • Ne laissez pas votre gazinière s’encrasser. Si la flamme ne sort pas de chaque orifice, le brûleur peut s’éteindre et laisser s’échapper le gaz.
  • N’utilisez pas d’appareils non destinés à l’usage du chauffage pour vous chauffer : cuisinière, brasero, barbecue, etc.

Bon à savoir

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant qui n’a ni couleur, ni odeur. Il est donc impossible à détecter sans appareil spécifique. Soyez très attentifs aux symptômes révélateurs d’une intoxication au monoxyde de carbone : maux de tête, nausées, confusion mentale et fatigue. D’autant plus si les symptômes disparaissent hors de la pièce exposée.
Dans sa forme aiguë, l’intoxication peut également provoquer vertiges, perte de connaissance et troubles du comportement.
Si vous ressentez ces symptômes, ou si vous en êtes témoin, agissez au plus vite car les conséquences peuvent être très sérieuses. Aérez et évacuez les lieux, arrêtez si possible les appareils à combustion et appelez les secours : le 18 pour les pompiers, le 15 pour le SAMU.

La question du chauffage dans les espaces clos collectifs en période de covid 19
Le Haut Conseil pour la santé publique a émis ses recommandations le 14 octobre 2020 pour limiter les risques éventuels de transmission du virus de la covid 19 dans les espaces clos collectifs associés à certains appareils de chauffage*.

S’il préconise de maintenir le chauffage pour garantir une température de confort, il souligne la nécessité « d’assurer le renouvellement régulier de l’air des locaux avec un apport d’air neuf qui devra, si possible, être augmenté. » Cela passe par l’aération des locaux (ouverture des fenêtres plusieurs fois par jour ou fenêtres laissées entrebâillées en permanence), la ventilation naturelle par conduits ou une ventilation mécanique avec extraction d’air.
Il recommande également de :
– « limiter strictement la jauge d’occupation à ce que permet le débit réel d’air neuf entrant dans le local tout en respectant la distanciation physique »
– « veiller à respecter les règles de conception, de réalisation et la maintenance régulière des appareils de chauffage à air pulsé et des installations de traitement d’air »
– « maintenir en fonctionnement continu les appareils de chauffage à air pulsé et les systèmes de ventilation mécanique »
– « vérifier l’absence d’obstacles au bon fonctionnement de la diffusion de l’air »
– « supprimer la fonction de recyclage d’air de l’installation de traitement d’air pour éviter le transfert éventuel d’aérosols viraux dans plusieurs locaux ». Si cela n’est pas possible, « il est recommandé de faire fonctionner le système en adaptant et en modifiant la quantité d’air neuf requise et en réduisant la quantité d’air recyclé. »
s’assurer que l’hygrométrie, c’est-à-dire la quantité d’humidité contenue dans l’air, soit suffisante (supérieure à 40 %) pour limiter la formation d’aérosols.

*Ces recommandations s’appliquent à des locaux chauffés par des appareils de chauffage à air pulsé :
– les aérothermes, souvent utilisés dans les entrepôts, gymnases, salles de sport, grandes surfaces…
– les ventilo-convecteurs, unités terminales d’une climatisation et/ou d’un chauffage centralisé
– la batterie chaude de la centrale d’une installation de traitement d’air

Géraldine Colleu

Rédigé le 5 décembre 2014

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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