Les maladies des voyageurs

Mis à jour le 07/06/2017 par Bérangère Barataud

Si vous aimez les vacances « aventure », les pays tropicaux et les contrées perdues, il est possible que vous traversiez des zones où sévissent des maladies infectieuses, transmises par les insectes. Potentiellement graves, il convient de prendre certaines précautions avant, pendant et après votre voyage pour s’en protéger. Vaccinations, médicaments, produits anti-moustiques, partez explorer en toute sécurité !

Grand voyageur

Précautions avant le départ

  • Préparez votre trousse à pharmacie de voyage.
  • Informez-vous sur les risques en matière de sécurité et de maladie de la destination que vous avez choisie.
  • Consultez votre médecin pour mettre à jour vos vaccins et réaliser ceux jugés nécessaires pour votre voyage selon votre mode de transport, la durée de votre séjour, ainsi que votre mode de vie. L’idéal est de consulter 4 à 8 semaines avant le départ, mais n’hésitez pas à consulter même juste avant si vous avez besoin d’informations sur les articles de soin à emporter ou de recevoir un traitement anti-paludéen de prévention.
  • Rendez également visite à votre dentiste ou gynécologue, en particulier si vous souffrez de problèmes chroniques ou récurrents.
  • Il est aussi vivement conseillé à tous les voyageurs de contracter une assurance-voyage multirisques !

Les vaccinations des voyageurs

Selon votre destination, certains vaccins sont obligatoires ou conseillés. Suivez les recommandations de votre médecin !

  • Vaccination exigée : fièvre jaune, méningococcie et poliomyélite
  • Vaccination de circonstance : choléra, encéphalite à tiques, encéphalite japonaise, fièvre jaune, fièvre typhoïde, hépatite A, méningococcie, rage

Les maladies transmises par les insectes

Le paludisme, la fièvre jaune, la dengue, l’encéphalite japonaise, l’encéphalite à tiques, le chikungunya et la fièvre Zika sont des maladies infectieuses (dites à transmission vectorielle) transmises par les insectes, moustiques et tiques par exemple.

  • Le paludisme, appelé aussi malaria, est une maladie parasitaire transmise par la piqûre d’une femelle moustique de l’espèce Anopheles, qui sévit principalement dans les zones tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, mais aussi dans les zones plus tempérées, comme aux États-Unis, en Asie et parfois en Europe. Les anophèles piquent généralement entre le coucher et le lever du soleil, mais il est tout de même recommandé de se protéger le jour. Les premiers symptômes apparaissent 8 à 30 jours après la piqûre : fièvre intense, frissons, maux de tête, douleurs musculaires, vomissements, toux, diarrhées et douleurs abdominales. Le paludisme peut être mortel s’il n’est pas traité à temps.
  • La fièvre jaune est une maladie virale transmise par la piqûre d’un moustique des genres Aedes et Haemogogus. La fièvre jaune est surtout présente en Amérique latine et en Afrique. Les premiers symptômes débutent 3 à 6 jours après la piqûre et ressemblent à ceux d’une grippe (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et frissons). Il existe un vaccin pour s’en protéger.
  • La dengue est une maladie virale transmise par la piqûre d’une femelle moustique du genre Aedes. Le moustique tigre peut être à l’origine de la dengue. Cette maladie est présente principalement dans la zone intertropicale, mais elle peut également sévir dans des zones plus tempérées. Ce moustique pique habituellement le jour. Les premiers symptômes apparaissent 2 à 7 jours après la piqûre et peuvent prendre plusieurs formes : fièvre et douleurs disparaissant au bout de quelques jours, jusqu’au syndrome de choc nécessitant un traitement d’urgence, en passant par une forme hémorragique.
  • Le chikungunya est une maladie transmise par la piqûre d’une femelle moustique du genre Aedes. Le moustique tigre est l’une des espèces responsables de la maladie. Le virus chikungunya survient principalement dans le sous-continent Indien, en Asie du Sud-Est, dans le Pacifique, en Afrique, dans les îles de l’Océan Indien aux Caraïbes et dans la région du Pacifique. Une fièvre intense et de fortes douleurs articulaires sont les premiers symptômes qui apparaissent 2 à 10 jours après la piqûre. Il n’existe ni traitement ni vaccin, mais la plupart des malades se rétablissent en quelques jours. Le chikungunya est rarement mortel.
  • La fièvre Zika est une maladie virale transmise par la piqûre d’une femelle moustique du genre Aedes. Le virus Zika est présent principalement en Asie et en Afrique. Les symptômes sont de type grippal (fatigue, fièvre, douleurs musculaires, maux de tête…), mais dans 80 % des cas, les personnes infectées ne développent aucun symptôme. Néanmoins, transmis à la femme enceinte, le virus peut entraîner de graves anomalies de développement cérébral chez le fœtus.
Dès les premiers symptômes ou en cas de doute, consultez immédiatement un médecin ou rendez-vous aux urgences.

Les moyens de se protéger

La meilleure protection contre les maladies infectieuses transmises par les insectes est la protection individuelle contre les piqûres de moustiques.

5 grands principes de protection contre le paludisme

  • Soyez conscient du risque, connaissez la période d’incubation et les principaux symptômes et sachez que la maladie peut se déclarer tardivement.
  • Évitez les piqûres de moustiques.
  • Suivez scrupuleusement votre médicament préventif antipaludique. Même s’il n’assure pas une protection complète, il réduit nettement le risque de maladie mortelle.
  • Sollicitez immédiatement un diagnostic et un traitement en cas de fièvre se déclarant au moins une semaine après l’arrivée dans une zone où il y a un risque de paludisme et jusqu’à 3 mois (dans de rares cas, plus longtemps encore) après en être reparti.
  • Si vous observez les premiers symptômes de la maladie mais que vous n’avez pas la possibilité de consulter un médecin rapidement, prenez des antipaludiques (chimioprophylaxie différente du traitement préventif), pour empêcher une évolution vers la maladie clinique.

Se protéger contre les insectes

  • Répulsif anti-insectes : il doit être appliqué toutes les 3 ou 4 heures sur les zones de peau exposées, les vêtements et aux heures où les insectes piquent. Ne pulvérisez pas sur le visage, les muqueuses, les plaies, les coups de soleil… et lavez-vous systématiquement les mains après application. Optez de préférence pour un répulsif contenant du DEET (diethyl-toluamide), de la picaridine (icaridine ou KBR3023), de l‘IR3535 ou du citrodiol.
  • Moustiquaire : excellente protection pour la nuit ! Suspendez la moustiquaire au-dessus du lit et vérifiez qu’elle ne contient pas d’insecte. La moustiquaire doit aller jusqu’au sol, sinon repliez ses bords sous le matelas. Préférez les moustiquaires traitées et dont le maillage est inférieur à 1,5 mm, elles sont bien plus efficaces !
    Vous pouvez aussi imprégner vous-même votre moustiquaire avec un kit d’imprégnation vendu en pharmacie. Le seul produit disponible est la perméthrine.
  • Diffuseur électrique ou à pile : placé dans une chambre, il protège toute une nuit mais peut aussi être utilisé le jour.
  • Serpentin fumigène anti-moustique : il doit être réservé à un usage extérieur et de courte durée.
  • Bombe aérosol : l’effet est rapide et efficace, mais de courte durée. Les aérosols doivent donc être associés à d’autres moyens de protection : moustiquaires, serpentins ou vaporisateurs. La chambre doit être traitée avant de se coucher. Les aérosols sont efficaces sur les insectes volants ou rampants. Dans ce dernier cas, le produit doit être pulvérisé sur les surfaces où se déplacent les insectes.
  • Vêtements protecteurs : c’est une protection très efficace lorsque le tissu est épais et imprégné de répulsif, car l’action est plus longue sur les vêtements que sur la peau. On conseille aussi de porter des chaussures fermées et de bien rentrer le bas de son pantalon dans ses chaussettes.
  • Climatisation : elle diminue le risque de piqûres.
  • Élimination des gîtes larvaires : repérez et éliminez les gîtes larvaires (pots de fleurs, récipients divers, pneus usagés…) responsables de la prolifération de moustiques.

Bon à savoir

D’autres produits, qui n’ont pas fait la preuve de leur efficacité, sont à éviter :

  • les bracelets anti-insectes pour se protéger des tiques et des moustiques ;
  • les huiles essentielles, qui peuvent entraîner des irritations cutanées et dont le temps d’action est généralement inférieur à 20 minutes ;
  • les appareils sonores à ultrasons, la vitamine B1, l’homéopathie, les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide.
Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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