Comprendre l’hypothyroïdie

Mis à jour le 18/05/2017 par Bérangère Barataud

La thyroïde joue un rôle clé dans le fonctionnement de l’organisme, c'est pourquoi une diminution des hormones qu’elle produit peut facilement dérégler la machine ! Quels sont les symptômes de l’hypothyroïdie ? Quelles en sont les causes et comment la dépister ? Toutes les réponses à vos questions…

Hypothyroïdie

Qu’est-ce que l’ hypothyroïdie ?

L’hypothyroïdie est le trouble le plus fréquent de la thyroïde, une petite glande en forme de papillon, d’environ 5 cm chez l’adulte, située sur le devant du cou, sous la pomme d’Adam. Liée à l’hypophyse, une autre glande située à la base du cerveau, la thyroïde sécrète des hormones qui interviennent à plusieurs niveaux :

  • La régulation du métabolisme de base, c’est-à-dire la dépense énergétique minimale quand on est au repos ;
  • Le contrôle de l’énergie musculaire, de l’humeur, de la température du corps ;
  • L’utilisation et la transformation des nutriments (glucides, lipides et protides) ;
  • La croissance, le développement intellectuel et la formation des os, particulièrement chez l’enfant dès la vie intra-utérine.

L’hypothyroïdie intervient quand la thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones. Ce trouble touche trois fois plus les femmes que les hommes : le nombre de nouveaux cas par an est de 4 pour 1000 chez les femmes et de moins d’un pour 1000 chez les hommes. Cette fréquence augmente avec l’âge, en particulier après 65 ans.

Les symptômes de l’hypothyroïdie sont multiples :

  • Une fatigue intellectuelle, des difficultés de concentration et des pertes de mémoire ;
  • Une fatigue physique, des crampes, des douleurs, des raideurs musculaires ;
  • Une peau pâle et sèche ;
  • Une baisse de la température du corps, de la frilosité ;
  • Une raréfaction des poils ;
  • Une constipation ;
  • Des œdèmes (rétention d’eau) et une prise de poids malgré la perte d’appétit ;
  • Un ralentissement du rythme cardiaque ;
  • Le plus souvent, quand elle n’est pas diagnostiquée dès la naissance, l’hypothyroïdie est diagnostiquée par le médecin traitant assisté de spécialistes.

Quelles sont les causes de l’hypothyroïdie ?

  • Certaines maladies auto-immunes. En effet, l’hyperactivité du système immunitaire peut déclencher l’hypothyroïdie (ex : thyroïdite de Hashimoto) ;
  • Certains médicaments et traitements (des traitements de maladies thyroïdiennes, le lithium, l’interféron…), l’ablation même partielle de la thyroïde par acte chirurgical, les irradiations ;
  • L’hypothyroïdie congénitale, lorsque la thyroïde ne s’est pas développée normalement et ne fonctionne pas normalement dès la naissance ;
  • Un déficit alimentaire en iode (cette cause est rare dans les pays développés car l’iode y est suffisamment présente dans l’alimentation) ;
  • Les pathologies de l’hypophyse qui interagit avec la thyroïde ;
  • Une prédisposition héréditaire qui impose alors une surveillance particulière surtout à partir de 50 ans.

Comment dépister l’hypothyroïdie ?

L’hypothyroïdie néonatale
Le dépistage est systématique chez les nouveau-nés depuis 30 ans. Il est effectué trois jours après la naissance et permet de traiter l’enfant dans les 10 premiers jours de sa vie et ainsi lui permettre un développement normal.

L’hypothyroïdie frustre
Ce trouble se caractérise par l’insuffisance d’une seule des deux hormones produites par la thyroïde. L’hypothyroïdie frustre est difficile à diagnostiquer car le malade ne présente pas de symptômes mais elle représente un facteur de risque cardiovasculaire et, sans traitement, peut évoluer vers une hypothyroïdie « vraie ». Le dépistage est donc proposé aux personnes à risque :

  • Les personnes présentant un goitre ;
  • Les femmes de plus de 60 ans avec des antécédents thyroïdiens ;
  • Les personnes dont les analyses sanguines révèlent la présence d’anticorps antithyroïdiens ;
  • Les personnes ayant des antécédents de chirurgie ou d’irradiation thyroïdienne ou cervicale ;
  • Les personnes suivant ou ayant suivi un traitement médicamenteux à risque thyroïdien.

L’hypothyroïdie pendant la grossesse
Elle représente un risque aussi bien pour la mère que pour l’enfant. Le diagnostic est proposé aux femmes présentant des facteurs de risque (goitre, contexte auto-immun, contexte thyroïdien personnel ou familial).

Quels sont les traitements possibles ?

On ne peut guérir d’une hypothyroïdie, mais un traitement existe. Il s’agit d’une hormonothérapie substitutive, c’est-à-dire la prise quotidienne et à vie d’hormones thyroïdiennes de synthèse. Les symptômes disparaissent et il est alors possible de reprendre une vie normale à la condition d’une observance stricte du traitement, ainsi que de consultations et contrôles biologiques réguliers.

Sources :

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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