VIH / Sida : les pratiques à risque et moyens de protection

Mis à jour le 01/12/2021 par Bérangère Barataud

Si le préservatif est aujourd’hui bien identifié comme un moyen de protection contre le VIH/Sida et les IST, d’autres « outils » existent face aux différentes pratiques à risque. Quelles sont ces pratiques et comment se protéger efficacement ? Les réponses à vos questions… sans tabou !

VIH

VIH/Sida : échelle des pratiques à risque

Les pratiques ne présentant aucun risque de contracter le VIH/Sida :

  • Se faire piquer par un moustique ou caresser un animal ;
  • Côtoyer une personne séropositive : lui serrer la main, l’embrasser, partager des toilettes ou une salle de bain, partager de la nourriture ou échanger des vêtements ;
  • Se masturber ;
  • Avoir des relations sexuelles avec préservatif, hétérosexuelles ou homosexuelles :
    • Pénétration vaginale avec préservatif
    • Pénétration anale (sodomie) avec préservatif et gel
    • Fellation (bouche-pénis) avec préservatif
    • Cunnilingus (bouche-sexe féminin) avec carré de latex
  • Échanger des sextoys ou godemichés avec préservatif (un nouveau préservatif pour chaque utilisateur).

Les pratiques présentant un risque faible de contracter le VIH/Sida :

  • La fellation (bouche-pénis) sans préservatif et sans éjaculation ;
  • Le cunnilingus (bouche-sexe féminin) sans carré de latex ;
  • Échanger des sextoys ou godemichés sans préservatif ;
  • Partager du matériel de tatouage et de piercing ;
  • Échanger des pailles lors de consommation de drogue par voie nasale.

Les pratiques présentant un risque élevé de contracter le VIH/Sida :

  • Avoir des relations sexuelles sans préservatif, hétérosexuelles ou homosexuelles :
    • Pénétration vaginale sans préservatif
    • Pénétration anale (sodomie) sans préservatif
    • Fellation (bouche-pénis) sans préservatif et avec éjaculation
    • Cunnilingus (bouche-sexe féminin) avec règles
  • Partager du matériel de consommation de drogue (seringue, cuillère, filtre/coton, eau, paille, pipe à crack).

Les moyens de se protéger

Les préservatifs et le carré en latex sont deux moyens efficaces pour se protéger du VIH/Sida et des IST (Infections Sexuellement Transmissibles), à condition qu’ils soient utilisés correctement !

Le préservatif externe ou capote

Le préservatif externe est une membrane de latex. Il est à usage unique et doit être placé sur le pénis en érection juste avant le rapport sexuel.

L’utilisation d’un gel lubrifiant peut être utile pour faciliter la pénétration. Il améliore le confort lors du rapport sexuel, évite les irritations, facilite la glisse et surtout réduit considérablement le risque de rupture du préservatif. Les lubrifiants se trouvent en pharmacie, parapharmacie et dans les supermarchés.

N’utilisez jamais de produits gras tels que le beurre, les produits solaires, la vaseline et crèmes diverses. Ils abîment les préservatifs, augmentent le risque de rupture et les rendent poreux, donc inefficaces. N’utilisez pas non plus de salive comme lubrifiant, elle peut parfois véhiculer des IST.
Conservez les préservatifs dans un endroit froid et sec et ne les utilisez pas au-delà de leur date limite d’utilisation.

préservatif

Comment utiliser un préservatif externe :
1 – Enlevez avec précaution le préservatif de son emballage. N’utilisez pas de ciseaux, objets pointus et évitez tout contact avec les ongles.
2 – Pincez le réservoir ou le bout du préservatif pour chasser l’air.
3 – Déroulez le préservatif sur le sexe en érection.
4 – Retirez-vous avant la fin de l’érection et enlevez le préservatif.
5 – Nouez le préservatif et jetez-le à la poubelle.

ATTENTION !
Les préservatifs ludiques (phosphorescents, nervurés, musicaux, aux formes diverses) ne sont pas toujours efficaces pour votre protection contre les IST, ni pour la contraception.
Choisissez toujours des préservatifs portant le sigle CE.

Le préservatif interne ou fémidom

Le préservatif interne est une gaine souple et large en polyuréthane. Il est doté d’un anneau souple à chaque extrémité. Il s’introduit dans le vagin ou l’anus et en tapisse les parois.
Le préservatif interne présente l’avantage de pouvoir être mis en place plusieurs heures avant l’acte sexuel. Cependant, il ne doit être utilisé qu’une seule fois et changé à chaque partenaire.
Vous pouvez l’acheter en pharmacie ou vous le procurer auprès d’associations de lutte contre le sida, dont AIDES, certains CEGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic) et dans les centres de planification familiale.

préservatif féminin

Comment utiliser un préservatif interne :

1 – Frottez le préservatif pour bien répartir le lubrifiant.
2 – Pincez l’anneau intérieur en forme de 8 et introduisez-le dans le vagin ou l’anus.
3 – Poussez le préservatif au fond du vagin (ou de l’anus) sans le tordre.
4 – Pour retirer le préservatif, tournez l’anneau externe et tirez doucement.
5 – Jetez le préservatif dans une poubelle.
Pour être parfaitement à l’aise, n’hésitez pas à vous entraîner une ou deux fois seule afin de bien positionner le préservatif féminin.

Le carré de latex

Il permet de se protéger et de créer une barrière de latex lors de cunnilingus ou anulingus. Si vous n’en avez pas, vous pouvez simplement découper un préservatif et le lubrifier côté sexe afin d’améliorer la protection.

Bon à savoir

Les spermicides locaux (sprays, gelées, ovules) ne protègent pas des IST.

La PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition)

La PrEP permet de se protéger contre le VIH par la prise d’un médicament, le Truvada®, ou l’un de ses génériques. Les antirétroviraux qu’il contient vont empêcher la multiplication du virus du Sida en cas de contact, et ainsi éviter l’infection des cellules.

Bon à savoir

La PrEP protège contre le VIH, mais ne protège pas contre les autres IST (chlamydiae, gonorrhée, syphilis…) ou les hépatites. Seul le préservatif permet une telle protection.

La PrEP s’adresse aux personnes de plus de 18 ans, non infectées par le VIH et qui n’ont pas recours systématiquement au préservatif lors de rapports sexuels. Ces personnes présentent en même temps un risque élevé de contracter le VIH (par exemple les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, les travailleurs du sexe…).

En pratique, un premier rendez-vous à l’hôpital, dans un service spécialisé de prise en charge du VIH ou dans un CEGIDD, est indispensable. La consultation permet au médecin d’évaluer, en fonction du dossier médical du patient et de son mode de vie, si la PrEP est bien indiquée pour lui.
Le traitement est délivré sur ordonnance et pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
A savoir : la PrEP nécessite un suivi médical avec des examens biologiques réguliers, au moins tous les 3 mois.

Le traitement d’urgence ou TPE

Après un éventuel contact avec le virus du Sida, il est possible de bénéficier d’un « traitement d’urgence », appelé traitement post-exposition (TPE), pour éviter d’être contaminé. Il doit être pris le plus tôt possible après une exposition au VIH, et au maximum dans les 48 heures.
En cas de doute, n’hésitez pas à contacter Sida info service au 0 800 840 800 (appel anonyme et gratuit).

En cas de consommation de drogues

N’utilisez jamais une seringue, une pipe, une cuillère ou tout autre petit matériel qui a déjà servi.
Des « kits » peuvent être distribués gratuitement dans les pharmacies et par des associations de lutte contre le VIH.

Sources :

Géraldine Colleu

Rédigé le 13 juin 2016

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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Votre avis nous intéresse

  1. FLAMME

    Bj,
    Article très bien rédigé et très complet. Bien expliqué avec des mots simples et des illustrations.
    Très utile.
    Merci et bravo !
    Cordialement.

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