La démarche de déconfinement en entreprise

Mis à jour le 11/05/2020 par Bérangère Barataud

Comment préparer le retour des salariés à leur poste dans le contexte de la crise sanitaire liée au Covid-19 ? La MGC accompagne les entreprises dans la mise en œuvre de leur démarche de déconfinement, les aidant ainsi à assurer la protection de leurs salariés. Pour une reprise d’activité dans les meilleures conditions possibles, voici une synthèse des recommandations pratiques émises par le gouvernement.

démarche de déconfinement en entreprise

La démarche de déconfinement

La première étape pour initier une démarche de déconfinement en entreprise est la mise en place de dispositifs adaptés pour protéger les salariés à partir de la connaissance du risque. Pour ce faire, il est nécessaire de procéder à son évaluation. Il s’agit d’évaluer les effets directs du Covid-19 comme le risque de transmission entre salariés, mais aussi d’aller plus loin en repérant les effets indirects des changements d’organisation et de méthodes de travail tels que l’utilisation plus massive des outils numériques, l’éclatement des collectifs de travail et la mise en place du télétravail.
Une fois cette analyse effectuée, elle est à inscrire dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP – document obligatoire, il doit être mis à jour régulièrement, une fois par an ou lorsque les conditions de travail changent), afin de pouvoir construire un plan d’actions.

Il existe trois niveaux de prévention du risque de transmission du virus :
La prévention primaire : supprimer ou réduire la probabilité d’apparition du risque à sa source. Par exemple, éviter les regroupements de personnes.
La prévention secondaire : le risque est présent, l’objectif est de réduire l’exposition des salariés. Par exemple, limiter le risque de transmission.
La prévention tertiaire : agir sur les conséquences du risque. Par exemple, prendre en charge une personne malade et les salariés ayant été en contact étroit avec elle.

Objectif n°1 : éviter le regroupement de personnes

Le risque majeur étant la transmission du virus par la proximité des personnes (hors manquement aux gestes barrières), la première étape pour l’entreprise est de réfléchir à la mise en place de mesures qui puissent éviter la concentration de son personnel.
La réflexion autour de cette problématique se situe plus particulièrement au niveau de l’organisation du travail, des conditions de travail, ainsi que du management. L’objectif étant de réduire au minimum la concentration et l’affluence des personnes, en adéquation avec les recommandations du gouvernement, mais aussi la fréquence et le temps des regroupements (réunions, pauses, déjeuner, présence sur site…). Pour ce faire, la mesure principale est la mise en place du télétravail. S’il n’est pas possible et qu’une personne est à risque, il est nécessaire de déclarer un arrêt de travail.
De même, les déplacements doivent être annulés ou reportés et l’employeur doit fournir une attestation pour les déplacements indispensables.

Objectif n°2 : limiter les risques d’exposition pour les personnes présentes sur site

Le respect de la distanciation physique

  • Le calcul de la jauge dans les espaces ouverts
    Actuellement, la jauge dans les espaces ouverts est définie à 4m²/personne. Cette indication peut être revue raisonnablement à la baisse dans le cas d’activité « statique » tel qu’un siège d’entreprise avec un certain nombre de postes administratifs, ou à la hausse par des coefficients, comme par exemple dans un magasin où le flux de personnes « dynamiques » est difficilement maîtrisable.
Calcul de la jauge (nombre maximal de personnes présentes sur site) :
La surface totale – la surface utilisée (bureau, armoire, espaces de circulation…) = surface résiduelle ÷ 4m² par personne
Si le nombre maximal de personnes est inférieur au nombre total de salariés, plusieurs mesures peuvent être envisagées pour limiter la concentration, comme la mise en place d’horaires décalés, l’échelonnage des horaires de pause, etc.
  • La gestion des flux
    L’objectif est de fluidifier les flux de personnes et non de les ralentir, pour éviter le stationnement et les regroupements dans les endroits clos ou exigus, mais aussi les espaces ouverts.
    Dans l’entreprise, le séquencement des activités doit permettre de limiter au maximum le croisement du personnel dans les espaces clos ou de circulation. L’entreprise doit informer les salariés des nouvelles dispositions d’organisation.
    Pour la réception du public ou des salariés, la prise de rendez-vous est à privilégier afin d’éviter les files d’attente.
  • Le respect des gestes barrières
    L’employeur a l’obligation de fournir aux salariés le nécessaire pour se protéger (savon, gel hydro-alcoolique, lingettes désinfectantes, mouchoirs, sacs poubelles…).
    Si le poste de travail est en contact bref avec le public ou d’autres salariés, les gestes d’hygiène et la distanciation physique peuvent suffire à garantir la sécurité du salarié.
    Certaines activités nécessitent l’accueil du public et un contact proche (moins d’un mètre) ou prolongé (plus de 15 minutes dans un milieu clos). Dans ce cas, il est nécessaire d’aménager l’infrastructure et le poste pour éviter tout risque de contamination. La mise en place de zones de courtoisie et d’écrans de protection sont des dispositions collectives qui peuvent permettre d’éviter la diffusion du virus.

Si la distanciation physique ou les gestes barrières ne peuvent être respectés, même accidentellement (toux à moins d’un mètre, contact physique), malgré l’aménagement du poste de travail, l’entreprise doit alors fournir aux salariés les équipements de protection individuelle (EPI) nécessaires (masques, visières…). Le port de gants est à éviter en raison du faux sentiment de protection qu’ils induisent, les personnes se touchant toujours autant le visage.

De façon générale, la mise en place d’équipements de protection collective (EPC) est à prioriser par rapport aux équipements de protection individuelle.

Bon à savoir

Critères d’identification d’un poste de travail à risque :

  • Poste de travail avec « contact étroit » proche et prolongé
  • Distance de moins d’un mètre non applicable en cas de toux
  • Discussion de plus de 15 minutes en l’absence de mesures de protection
  • Impossibilité de se laver les mains régulièrement

Le relevé systématique de la température
La maladie pouvant être contagieuse deux jours avant les premiers signes cliniques et certains malades étant asymptomatiques, le relevé de température systématique par les entreprises n’est pas conseillé. S’il doit être mis en place, il est préférable de le réaliser avec un thermomètre infrarouge et l’entreprise a l’obligation de ne garder aucune trace écrite. Les salariés devront être informés des objectifs et des conséquences d’un test positif.
En revanche, chacun peut suivre lui-même sa température et informer les personnes compétentes en cas d’augmentation anormale (médecin traitant, médecin du travail…).

Objectif n°3 : la prise en charge du virus

En cas de détection d’une personne malade, des mesures particulières sont à prendre pour limiter la propagation du Covid-19, avec la mise en place d’un protocole spécifique : prise en charge de la personne, désinfection des locaux, alerte des personnes ayant été en contact étroit.

L’entreprise a le devoir d’anticiper toute menace en rédigeant une procédure pour prendre en charge un salarié symptomatique dans l’urgence. Il convient, en même temps, d’établir un document répertoriant les contacts étroits et ceux dont le risque est négligeable au sein de l’entreprise, afin d’établir un suivi si un cas de contamination est avéré.

Prise en charge d’une personne malade :

  • Isoler la personne en appliquant les gestes barrières et la distanciation physique. Le port d’un masque pourra être une mesure de sécurité supplémentaire.
  • Protéger les autres salariés, éviter la transmission potentielle du virus au cours de la prise en charge de la personne malade.
  • Chercher des signes de gravité. Si la personne ne montre pas de signe de gravité, un avis médical du médecin du travail ou du médecin traitant suffira. La personne pourra rentrer chez elle en évitant les transports en commun. Si la personne manifeste des signes de gravité (notamment fièvre et/ou toux, difficulté à respirer, à parler ou à avaler, perte du goût et de l’odorat), il faut alors appeler le SAMU en faisant le 15 pour la prise en charge.
  • Appeler le service de santé au travail afin de connaître la marche à suivre pour la mise en place du protocole de nettoyage et le suivi des salariés.
  • Si le cas est avéré, il sera nécessaire d’assurer le suivi des salariés ayant été en contact avec la personne contaminée par le service de santé au travail ou le médecin du travail (mise en quatorzaine, etc.).

Nettoyage des locaux

Pour le nettoyage classique, les consignes à suivre sont celles du document ED 6347 de l’INRS, qui recommande d’utiliser des produits tensioactifs (qui détériorent l’enveloppe des virus). En cas de postes de travail plus à risque, il convient d’utiliser un virucide efficace contre le Covid-19 répondant à la norme NF EN 14476 juillet 2019.

La désinfection régulière doit se faire si elle est justifiée, sinon elle peut créer des organismes résistants aux désinfectants.

  • Les objets régulièrement touchés (les poignées de porte, les interrupteurs, les sanitaires, équipements de travail collectifs, rampes d’escalier, poignées de porte, interrupteurs d’éclairage, boutons d’ascenseur, écrans tactiles, combinés de téléphone, appareils de paiement, comptoir d’accueil, mobilier…) sont à désinfecter fréquemment.
  • Pour ce qui est de la désinfection des sols, des infrastructures de transport et des bureaux, elle est à effectuer quotidiennement.
  • Une attention plus particulière est à porter aux surfaces en plastique ou en acier, sur lesquelles le virus survit plus longtemps.

Pour une pièce qui n’a pas été occupée depuis 5 jours, une désinfection classique sera suffisante, à condition de bien aérer les locaux (de manière générale, aérer 15 minutes toutes les 3 heures) et de laisser couler l’eau qui a pu stagner dans les conduits avant utilisation.
Il faudra veiller à ne pas mettre en suspension des particules infectées en utilisant des procédés de lavage haute pression, balais, chiffons secoués…

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