Conseils aux personnes souffrant d’une maladie chronique

Mis à jour le 01/04/2020 par Sophie NIKLASZEWSKI

En cette période de confinement, bon nombre de personnes atteintes de maladie chronique – diabète, maladies respiratoires, rhumatismales… – s’interrogent sur le suivi de leur traitement et leur prise en charge médicale. D’autant plus que beaucoup sont considérées comme à risque face au coronavirus. Cap sur les dernières recommandations…

maladie chronique et coronavirus

Suivi thérapeutique

  • Pour renouveler vos médicaments, même si votre ordonnance est expirée, vous pouvez vous rendre directement à la pharmacie sans avoir vu au préalable votre médecin. Les pharmaciens peuvent vous délivrer jusqu’au 15 avril 2020 vos médicaments habituels, afin de garantir la poursuite de votre traitement.
  • Les personnes les plus fragiles sont invitées à ne pas sortir pour aller acheter leurs médicaments, ni faire leurs courses. L’idéal est de demander à un voisin, un proche, tout en gardant bien une distance de sécurité d’au moins un mètre.
  • Inutile de faire des stocks de médicaments. Jusqu’ici, l’Ordre national des pharmaciens se veut rassurant, indiquant que l’ensemble des acteurs concernés dispose d’un plan de continuité d’activité.
  • N’arrêtez aucun de vos traitements habituels sans avis médical. Pour toute question et en cas de doute, prenez contact avec votre médecin par téléphone, mail ou téléconsultation.
  • Pour vos rendez-vous médicaux, privilégiez les téléconsultations.

Vous souffrez d’une maladie respiratoire chronique

Les personnes atteintes d’asthme sévère, de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), de bronchite chronique sont plus à risque de développer des complications respiratoires face au coronavirus.
D’où l’importance de rester chez soi et de pratiquer au mieux les gestes barrières.

Les personnes souffrant de maladie respiratoire chronique ne doivent surtout pas arrêter leur traitement de fond. Celles qui bénéficient d’un traitement par corticoïdes inhalés ou par voie orale ne doivent pas non plus l’interrompre sans l’avis de leur pneumologue ou médecin traitant. Si la maladie respiratoire est bien stabilisée, le risque de complications graves en cas d’infection par le coronavirus est amoindri.

En cas de toux, gêne respiratoire et fièvre, ne vous déplacez pas, appelez votre médecin. Il n’est pas non plus recommandé de débuter un traitement de cortisone sans avis médical. Si les symptômes s’aggravent, contactez le Samu centre 15.

Allergies aux pollens
L’arrivée du printemps et la multiplication des pollens favorise la survenue de rhinites, conjonctivites, asthme, mais aussi toux et sifflements chez les personnes allergiques. Pour ne pas confondre ces symptômes avec ceux d’une infection liée au coronavirus, restez à l’écoute de votre corps et voyez si ces symptômes sont différents de ceux ressentis à chaque printemps. Une toux sèche, de la fièvre et/ou une grande fatigue doivent vous alerter.

Vous êtes diabétique

Les personnes présentant un diabète insulinodépendant non équilibré ou des complications secondaires à la maladie sont plus à risque face au coronavirus. Pour se protéger, il est important de rester chez soi et d’appliquer au mieux les gestes barrières.
Les infections virales, tout comme la fièvre, peuvent déséquilibrer un diabète et/ou aggraver certaines complications déjà présentes de la maladie. Une élévation permanente de la glycémie peut aussi altérer les défenses de l’organisme et rendre les personnes moins résistantes aux maladies infectieuses. D’où l’importance de bien surveiller son diabète, et renforcer cette surveillance dès l’apparition des premiers signes d’infection.

Bon à savoir

La prise de paracétamol, nécessaire en cas de fièvre, peut fausser la mesure du glucose effectuée en continu par capteurs (sauf avec le FreeStyle Libre).

La Société francophone du diabète conseille de disposer de 2 semaines de traitement, notamment d’insuline, avec le matériel nécessaire (aiguilles, cathéters et réservoirs de pompe ou pods selon le traitement, schéma de remplacement en cas de traitement par pompe).
En parallèle, munissez-vous des numéros utiles en cas de besoin : médecins référents, service de diabétologie, numéros d’astreinte médicale et technique en cas de traitement par pompe, le Samu centre 15.

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Vous souffrez de rhumatisme inflammatoire chronique

En l’absence de signes d’infection par le coronavirus, il est nécessaire de continuer son traitement. Dans la mesure du possible, mieux vaut remplacer les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) par du paracétamol. Demandez conseil à votre médecin ou votre rhumatologue.

Si vous présentez des signes d’infection (fièvre, toux, essoufflement, douleurs musculaires) :

  • Prenez contact avec votre médecin ou votre rhumatologue.
  • Le traitement de votre rhumatisme inflammatoire chronique peut être arrêté par votre médecin s’il le juge nécessaire, excepté la prise de corticoïdes. Par contre, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) sont à proscrire, au risque de développer des formes sévères d’infection au coronavirus.

Vous êtes suivi en néphrologie

Si vous êtes sous corticoïdes, immunosuppresseurs ou biothérapies, vous êtes plus fragile face au coronavirus. Pour vous protéger, respectez au mieux les gestes barrières et restez autant que possible chez vous.

Si vous présentez des signes d’infection (fièvre, toux, gêne respiratoire, courbatures) :

  • Contactez votre néphrologue ;
  • N’arrêtez pas brutalement vos traitements par corticoïdes et/ou immunosuppresseurs, sauf si votre néphrologue vous le demande.
  • Il est aussi déconseillé d’augmenter les doses de corticoïdes, de débuter un traitement par corticoïdes ou de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Vous avez un cancer

Comme le souligne le Dr Jean-Baptiste Méric, oncologue, directeur du pôle santé publique et soins de l’Institut national du cancer, “les patients ne doivent pas interrompre leur traitement sans avis médical de leur oncologue. Les hôpitaux se sont organisés pour poursuivre leur activité de soins. Des médecins peuvent décaler ou réorganiser les séances de traitement. Il s’agit d’éviter que les patients atteints de cancer soient en contact avec des personnes infectées par le virus. En effet, les traitements qu’ils reçoivent, et particulièrement la chimiothérapie, affaiblissent leurs défenses immunitaires et leur risque de développer une forme grave du COVID-19 est 4 à 5 fois plus élevé que dans la population générale.
Au-delà des traitements, il est important de rappeler que les gestes barrières, pour les patients et leurs proches, doivent être scrupuleusement respectés et régulièrement réalisés pour diminuer considérablement le risque d’infection”

Si vous et votre entourage présentez des signes d’infection liés au coronavirus :

  • Contactez votre médecin.
  • Ne modifiez pas votre traitement actuel sans l’avis de votre oncologue. Prenez contact avec lui par téléphone, mail.
  • Si vous êtes en cours de traitement, contactez votre oncologue pour connaître la marche à suivre. Ne vous présentez pas au rendez-vous fixé sans avoir pu échanger avec lui.

Bon à savoir

L’Assurance maladie permet aux personnes en ALD (affection de longue durée) de demander un arrêt de travail sans passer par leur employeur, ni leur médecin traitant, grâce au téléservice declare.ameli.fr.

Ces recommandations sont actualisées à la date du 1er avril 2020 et peuvent être revues à tout moment selon l’évolution de la pandémie liée au coronavirus Covid-19.

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Bérangère Barataud

Par Bérangère Barataud

Férue de presse scientifique et d'infos santé, mais surtout maman poule !

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