Vaccination pédiatrique : bientôt 11 vaccins obligatoires

Mis à jour le 03/07/2017 par Sophie NIKLASZEWSKI

Face à la couverture vaccinale insuffisante des petits Français et à la réémergence de certaines maladies, la ministre des Solidarités et de la Santé a décidé de « muscler » le calendrier vaccinal. Agnès Buzin va proposer au Parlement de rendre obligatoires 8 vaccins pédiatriques (des vaccins aujourd'hui seulement recommandés), en plus des 3 vaccins déjà obligatoires à ce jour. Quels sont-ils ? Pourquoi une telle réforme ? Eclairage…

vaccins pédiatriques

Des vaccins obligatoires pour une meilleure protection

Le gouvernement s’est fixé 2018 pour rendre obligatoires 8 vaccins supplémentaires et ainsi vacciner tous les enfants de moins de deux ans contre 11 maladies au total.

Les 8 vaccins bientôt obligatoires sont les vaccins contre :

  • l’haemophilius influenzae B
  • la coqueluche
  • l’hépatite B
  • la rougeole
  • les oreillons
  • la rubéole
  • le méningocoque C
  • le pneumocoque

Aujourd’hui, seuls 3 vaccins pédiatriques sont obligatoires, à savoir les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.

Cette mesure vise à améliorer les taux de couverture vaccinale, très insuffisants aujourd’hui pour la plupart des vaccins recommandés.
Il faudrait par exemple atteindre un niveau de couverture vaccinale de 95 % à l’âge de deux ans (aujourd’hui à 78 %) pour faire disparaître la rougeole et éviter le retour des épidémies responsables, entre 2008 et 2016, de 10 décès et plus de 1500 cas de pneumopathies graves.
Même constat pour la couverture vaccinale contre l’hépatite B. Entre 2006 et 2013, plus de 2000 cas ont été recensés, avec des atteintes aiguës, parfois mortelles, des cirrhoses, cancers du foie…
Sans oublier la méningite : 255 cas ont été déclarés entre 2011 et 2015 suite à des infections invasives à méningocoque C, responsables de 25 décès.

Par cette mesure, il est donc question de répondre à un véritable enjeu de santé publique.

Les médecins disent oui !
Pour appuyer la proposition de la ministre des Solidarités et de la Santé, 200 médecins ont publié, le 29 juin 2017, une pétition en faveur de ce projet d’élargissement de la vaccination obligatoire. Comme le rappelle aussi le ministère des Solidarités et de la Santé, « la vaccination a permis de sauver des millions de vies, en enrayant la transmission de certaines maladies infectieuses et en participant à leur éradication. »

Vaccination obligatoire, qu’est-ce que ça change ?

Pour être protégés, les tout-petits recevront 10 injections au cours de leurs deux premières années.
Dans les faits, c’est déjà ce qui se passe pour la grande majorité d’entre eux puisqu’au moins 70 % des enfants sont déjà vaccinés contre ces 11 maladies. Cette mesure permettra alors de protéger les 30 % restants.

Combien ça coûte ?

Les vaccins obligatoires seront pris en charge à 100 % : 65 % remboursés par l’Assurance maladie et 35 % par les complémentaires qui offrent un contrat responsable.

Les freins possibles à cette réforme

La vaccination est un sujet sensible qui fait polémique. Malgré le rapport bénéfice-risque très largement en faveur du bénéfice, certaines associations, dont l’Union nationale des associations citoyennes de santé (UNACS), ont rapidement réagi à cette nouvelle, répondant que les vaccins peuvent avoir des effets secondaires neurologiques, musculaires et irréversibles. Les craintes se retrouvent attisées alors qu’il est exceptionnel que la vaccination soit l’élément déclencheur d’une pathologie. Dans certains pays, comme la Grande Bretagne par exemple, la polémique n’existe pas et l’ensemble de la population est vaccinée.

D’autres pointent du doigt le lobby pharmaceutique. Mais comme le rappelle le Pr Alain Fischer, l’industrie pharmaceutique ne fait que respecter les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles visent en effet à ne plus vacciner uniquement contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), mais contre plusieurs maladies pour éviter la recrudescence de certaines d’entre elles. De ce fait, la production du vaccin DTP a été substituée par une production de vaccins tétra, penta puis hexavalents, protégeant ainsi contre plusieurs maladies en même temps.

La pénurie de vaccins peut aussi apparaître comme un frein éventuel. A ce jour, les vaccins contre l’hépatite B et la coqueluche connaissent des difficultés d’approvisionnement suite à une forte demande mondiale.

Piqûre de rappel

La vaccination n’est pas uniquement un acte de protection individuelle contre certaines maladies, c’est aussi un geste de solidarité pour protéger l’ensemble de la société et encore plus les personnes fragiles (jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées et personnes atteintes de pathologie chronique).

Sources :

Alexie Colson

Par Alexie Colson

Rédactrice nutrition et santé
Chargée de prévention en santé, adepte du body attack et surtout experte en salades composées !

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