Sextoys : pourquoi pas ?!

Mis à jour le 29/05/2017 par Bérangère Barataud

Les jouets sexuels semblent aussi anciens que l’humanité, mais le récent succès d’un titre de la littérature érotique, adapté aujourd'hui au cinéma, a fait exploser la vente de certains articles. Quelle est l’origine de cette recherche de plaisir ? Faut-il la pratiquer ? Comment bien utiliser son sextoy ? Existe-t-il des limites à l’usage de ces « jouets » ? On vous guide sur les bonnes pratiques...

sextoys

La masturbation, un plaisir naturel

La masturbation consiste à pratiquer des caresses, frottements ou pressions sur des zones érogènes du corps, souvent les organes génitaux. Elle a pour objectif de provoquer un plaisir sexuel, soit avec les mains, soit à l’aide d’un objet. Elle peut être pratiquée sur soi-même ou un partenaire. Les zones érogènes du corps humain sont constituées de tissus muco-cutanés (mi-muqueuse, mi-peau) situés au pourtour des orifices du corps : pénis, clitoris, prépuce, vulve, zone péri-anale, mamelons et lèvres.

La masturbation est un acte naturel, des fœtus ont d’ailleurs été observés jouant avec leur sexe dans le ventre de leur mère, et les jeunes enfants font de même lors de la découverte de leur corps. Mais c’est souvent lors de l’adolescence et sa poussée d’hormones que la masturbation est la plus pratiquée afin de redécouvrir un corps qui a changé, et de faire l’expérience de certaines sensations. La masturbation est souvent le premier aperçu du plaisir sexuel avant la pratique à deux. Cette pratique peut se poursuivre à l’âge adulte.

Si la masturbation peut apparaître comme un système efficace pour connaître son corps et parvenir au plaisir sexuel, elle ne doit pas forcément être considérée comme un passage obligé. La masturbation n’est ni normale ni anormale, c’est un choix personnel, l’important est qu’elle ne soit ressentie ni comme culpabilisante, ni comme forcée.

Les sextoys, objets de votre plaisir

La mode des sextoys participe aujourd’hui à la déculpabilisation de la masturbation. Vibromasseurs, godemichés, boules de geisha… ils s’achètent désormais en grand nombre et au grand jour dans des love-stores, lors de réunions à domicile entre amis ou dans des magasins de lingerie.
L’usage s’est en effet démocratisé ! Une enquête IFOP de janvier 2013* révèle que 38 % des femmes utilisent des sextoys (et même 45 % chez les moins de 35 ans) contre 7 % en 2007 ! Ils sont également largement utilisés en couple : 66 % des femmes qui utilisent un sextoy le font en compagnie de leur partenaire. Élément de jeu, le sextoy favorise la complicité, renouvèle le plaisir, réveille la libido, rompt la monotonie sexuelle et permet au couple de se redécouvrir. Cependant, si l’objet n’est plus vraiment tabou, il est encore souvent dérivé de l’imagerie des jouets pour enfants (canard, fleur, chenille…) comme pour déguiser son usage réel…

Côté confort, design et santé, les sextoys se sont améliorés ces dernières années : des lignes épurées, des couleurs flashy et des matières douces. De nombreux sextoys sont aujourd’hui en silicone médical qui garantit une bonne hygiène et un toucher agréable.
Attention cependant lors de votre achat, soyez vigilant sur les composés des matériaux : optez pour un objet sans phtalates. Déjà interdit dans l’UE pour les jouets pour enfants, cette substance est toxique pour le système de reproduction.

Le bon usage des sextoys

L’utilisation des sextoys nécessite quelques précautions.

Nos conseils

  • Avant d’utiliser un sextoy, vérifiez que vous n’êtes pas allergique à l’un de ses composants. Il est conseillé aussi d’utiliser un préservatif sur les sextoys afin de limiter les risques d’allergie aux matériaux et colorants ;
  • Conformez-vous aux consignes d’utilisation du fabriquant ;
  • Utilisez du lubrifiant, de préférence à base d’eau (compatible avec les préservatifs) afin d’éviter les irritations ;
  • Pour éviter aussi la transmission d’IST (Infections sexuellement transmissibles), changez le préservatif en cas d’échange de sextoys entre partenaires ;
  • Utilisez un nouveau préservatif lors de tout changement d’orifice, en particulier dans le sens anus puis vagin (l’inverse est normalement sans risque). Des bactéries introduites dans le vagin pourraient provoquer une infection vaginale ou une cystite ;
  • Concernant les dimensions de vos sextoys, respectez votre corps ! En cas de douleurs ou saignement, consultez un médecin ;
  • Après usage, nettoyez bien vos sextoys à l’eau tiède et au savon, et même idéalement avec un produit anti-bactérien, puis séchez-les soigneusement. Évitez d’immerger les parties contenant les piles ;
  • Rangez vos sextoys dans un endroit sombre et tempéré, mis hors de portée de vos enfants. Pensez à enlever les piles ;
  • Si votre sextoy est abîmé (coupure, écailles…), ne l’utilisez plus ;
  • Si vous pratiquez le « bondage » (pratique qui consiste à attacher son partenaire) : ne laissez jamais seul, même un instant, votre partenaire attaché, cagoulé ou bâillonné. Il doit pouvoir respirer librement et la circulation sanguine doit se faire normalement. Convenez entre vous d’un « safe word » (mot de sécurité) qui permet d’arrêter le jeu à tout moment et préparez le matériel adéquat pour le libérer très rapidement (ciseaux à bouts ronds, clés de menottes…) si besoin.

Savoir identifier les limites…

La masturbation peut devenir une addiction.

  • Une masturbation compulsive de 5 à 15 actes par jour ;
  • Une envie irrépressible ;
  • Un abandon d’autres activités ;
  • Des conséquences individuelles, familiales, sociales, professionnelles ;
  • Une sensation de manque ou de malaise en cas d’interruption ;
  • Une exécution répétitive et « obligatoire ».

Ces comportements sont les signes d’un problème. Il est alors recommandé de se faire aider et de s’adresser à un professionnel de santé.

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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