Réagir face à l’anorexie

Mis à jour le 05/08/2016 par Bérangère Barataud

L’anorexie est un trouble sévère du comportement alimentaire entraînant une dénutrition qui peut avoir de graves conséquences sur la santé. Comment se caractérise l’anorexie mentale ? Quels en sont les causes et les risques ? Quels sont les signes d’alerte à repérer et comment réagir face à cette situation ? On vous guide...

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Qu’est-ce que l’anorexie ?

Les symptômes de l’anorexie sont à la fois psychologiques, physiologiques et d’ordre comportemental. Cette maladie se caractérise par :

  • Un refus de manger normalement, en particulier les aliments sucrés et gras ;
  • La peur de prendre du poids et de devenir gros ;
  • Une incapacité à reconnaître sa maigreur ;
  • Un poids inférieur à 85 % du poids normal ;
  • L’absence de règles pendant plus de trois mois consécutifs.

Il existe deux formes d’anorexie :

  • Restrictif pur : c’est une anorexie sans crise de boulimie, sans recours aux vomissements, ni prise de purgatifs (laxatifs, diurétiques, lavements) ;
  • Anorexie/boulimie : c’est une anorexie avec crises de boulimie/vomissements ou prise de purgatifs.

La maladie peut également être associée à d’autres troubles comme la dépression.

Qui est concerné ?

A 90 %, ce sont des jeunes filles qui souffrent d’anorexie. Les premières manifestations de la maladie apparaissent en général vers 16-17 ans, au moment de changements physiques et psychiques qui peuvent être plus ou moins mal vécus. La maladie peut également se déclarer plus tôt, elle annonce alors souvent une évolution plus sombre.

Quelles sont les causes de l’anorexie ?

Les causes de la maladie sont multifactorielles et complexes. Le facteur génétique est important puisque la maladie est 10 fois plus fréquente chez les apparentés au premier degré avec une personne anorexique. Mais interviennent également les facteurs de psychologie individuelle, d’environnement, de contexte socioculturel. En effet, il a été observé que les troubles alimentaires étaient plus fréquents dans les milieux où le corps est au centre de l’activité professionnelle : danse, mannequinat, sport de haut niveau…

Le contexte familial, quant à lui, peut intervenir aussi bien comme facteur de risque que comme facteur de protection, de maintien ou d’amélioration. C’est pourquoi un accompagnement familial est souvent nécessaire, la thérapie familiale s’est par ailleurs déjà révélée très efficace.
Sur un terrain favorable, l’élément déclencheur peut être un banal régime, un régime draconien ou de l’exercice physique intense.

Quels sont les risques ?

Les dangers d’une dénutrition sont nombreux et sérieux : pertes de cheveux, sensation permanente de froid, accès de fatigue et malaises, constipations, risques hémorragiques, hypercholestérolémie, déshydratation, insuffisance du rythme cardiaque, décalcification et ostéoporose, chute de tension

La maladie peut ensuite évoluer de trois manières différentes :

  • Un tiers des patientes retrouve un comportement normal ;
  • Un tiers conserve des séquelles parfois invalidantes : taux de fertilité réduit, risque élevé de complications obstétricales, enfant de faible poids de naissance, perturbation de la relation précoce mère-enfant…
  • Un tiers évolue vers une version chronique de la maladie, avec des complications parfois fatales.

Quels sont les signes de la maladie ?

La jeune personne anorexique commence par éliminer progressivement de son régime alimentaire les graisses, le sucre, les féculents… et réduit de façon importante les quantités qu’elle ingère. Bientôt, elle trouve des excuses pour ne pas manger et sauter des repas : « j’ai déjà dîné », « j’ai fait un gros goûter », « je n’ai pas le temps »… Elle évite les repas en famille ou en groupe, cherche à préparer elle-même ses repas et à manger seule. Elle boit de grandes quantités d’eau ou de thé sans sucre, avant ou à la place des repas. Dès quelques semaines, l’amaigrissement est significatif.

Parallèlement, elle augmente son activité physique et peut faire du sport de manière intensive. Elle évite de rester assise trop longtemps et réduit ses heures de sommeil. Elle se refuse tout plaisir.
Elle se replie sur elle-même et voit moins ses amis. Elle devient dépendante de sa famille, mais en même temps, agressive vis-à-vis des parents qui montrent des signes d’inquiétude.
Elle est fière de la maîtrise qu’elle a sur son corps et recherche la même perfection dans son travail scolaire.
De l’extérieur, la jeune personne semble en bonne santé, active, sportive, studieuse, proche de sa famille. De plus, elle dénie tout problème. C’est pourquoi il est assez difficile de détecter le trouble dans un premier temps.

Comment réagir ?

Il est impossible de faire changer le comportement d’une personne anorexique en essayant de la raisonner ou en l’informant des dangers de la dénutrition. A cela deux raisons :

  • Les jeunes personnes restent enfermées dans leur schéma de pensée et ne peuvent pas « entendre » ces arguments, aussi justes soient-ils ;
  • Les dangers annoncés de l’anorexie ont un effet de fascination sur ces personnalités à tendance masochiste.

Toute information donnée par un adulte a l’effet inverse à celui recherché, car ces jeunes personnes recherchent le risque et tout comportement permettant de se différencier des adultes, d’être l’objet de leur attention.

La première attitude face à une personne souffrant d’anorexie est de prendre le temps de l’écoute et de la parole. Le but est de parvenir à lui faire reconnaître qu’elle souffre et qu’elle a besoin d’aide. Cela est rendu particulièrement difficile par le sentiment de honte qui est fréquemment ressenti par ces jeunes personnes. Il est également souhaitable de les replacer dans une dynamique sociale d’échange et d’ouverture à des activités de loisirs (sport, atelier artistique) afin qu’elles se ré-approprient leur corps.
Dans tous les cas, il est indispensable de contacter des professionnels compétents afin d’entreprendre une prise en charge globale. Le service téléphonique gratuit Fil Santé Jeune, au 0800 235 236 (tous les jours de 9h à 23h, ou sur Internet www.filsantejeunes.com), peut permettre d’entamer le dialogue pour les jeunes comme pour leurs parents et de faire un premier pas vers la guérison…

Sources :

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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