Que sont les troubles « dys » ?

Mis à jour le 26/03/2014 par Claire Velghe

Dyslexie, dyscalculie, dysphasie... sont ce qu’on appelle des « troubles dys ». Ce terme d’origine grecque et signifiant « difficulté », regroupe différentes difficultés concernant les moyens et les mécanismes d’acquisition des connaissances, les plus fréquents concernant la parole et le langage. Quelles sont les différentes formes de « troubles dys » ? Quelles en sont les causes ? Comment les repérer et les prévenir ? Quelques clés pour décrypter ces troubles…

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Les troubles les plus fréquents

La dyslexie
C’est le trouble spécifique de la lecture. Une personne dyslexique éprouve des difficultés à faire le lien entre une lettre, ou un groupe de lettres, et un son de la parole. Ce trouble apparaît donc habituellement au CP, au début de l’apprentissage de la lecture. Selon différents travaux, la dyslexie concernerait 5% des élèves à partir du CP ou un quart des enfants présentant des difficultés de lecture.

La dysorthographie
C’est le trouble spécifique de l’orthographe, le plus souvent associé à la dyslexie.

La dyscalculie
C’est le trouble spécifique du calcul qui entraîne une difficulté à compter, à mémoriser et à apprendre les tables d’addition et de multiplication.

Ces trois troubles « dys » sont souvent associés à d’autres troubles :

La dysphasie
C’est le trouble spécifique du langage oral. Un trouble développemental se manifestant par une structuration déviante, lente et disharmonieuse de la parole et du langage oral. Elle est souvent associée à la dyslexie. En effet, un enfant sur deux, dont la dysphasie est diagnostiquée dès la maternelle, présentera vraisemblablement plus tard un problème de dyslexie.

La dyspraxie
C’est le trouble de la coordination.

La dysgraphie
C’est le trouble du langage écrit. Il affecte le geste graphique et l’aspect formel de l’écriture.

Les troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité, provoquent une activité désorganisée, une grande distractivité, des difficultés à diriger son attention et de l’impulsivité.
Les troubles de l’apprentissage sont également régulièrement liées à des troubles émotionnels ou comportementaux.

Des causes peu connues

Parmi les rares recherches qui ont été effectuées sur les troubles « dys », les études se sont essentiellement portées sur la dyslexie. Elle serait due à un dysfonctionnement des circuits cérébraux qui servent à la représentation et au traitement des sons de la parole. D’autres causes sont également envisagées, liées à l’analyse de la place des lettres dans le mot, à la rapidité des informations transmises dans la parole et à des déficits de coordination motrice.
De plus, il existe un risque héréditaire. Un parent dyslexique a une chance sur deux de transmettre ce trouble à son enfant.

L’importance d’un repérage précoce

Il est important qu’une quelconque difficulté dans l’acquisition de la parole et du langage soit détectée avant 5 ans, si possible dès 3 ans. En effet cet apprentissage est déterminant pour la réussite scolaire et un trouble « dys » peut être responsable de marginalisation, de stigmatisation et de difficulté à l’insertion sociale par la suite. L’essentiel est donc de repérer au plus vite la nature du trouble de l’enfant pour pouvoir adopter rapidement des stratégies d’apprentissage et contourner le problème. Le plus souvent, l’enfant peut suivre sa scolarité dans un établissement classique mais nécessite un accompagnement spécifique.

Diagnostiquer un trouble « dys »

Il est possible qu’un trouble « dys » se manifeste des mois ou des années avant d’être détecté et identifié. Le diagnostic s’effectue en réalité en trois étapes :

  • Le repérage. Certains signes doivent alerter : votre enfant a des difficultés à parler, à écrire, à lire, à dessiner, à lacer ses chaussures, à boutonner ses vêtements. Si vous repérez ces signes, ou si une autre personne proche de l’enfant (enseignant, médecin, psychologue scolaire…) les porte à votre attention, il est important de consulter un professionnel capable d’effectuer un dépistage et d’établir un diagnostic.
  • Le dépistage. Il s’agit de tests rapides réalisés par un médecin, le plus souvent à l’école, qui permettent de s’assurer de l’existence de difficultés spécifiques. Si le dépistage est positif, il faudra accomplir une démarche diagnostique pour identifier précisément le trouble « dys ».
  • Le diagnostic. Un bilan complet de recherche des troubles dys, mais aussi des troubles auditifs, visuels ou autres, est pratiqué. Il permet également d’établir la nature et l’intensité du trouble et d’élaborer un projet d’accompagnement adapté.

Sachez également qu’il existe un examen obligatoire de la 6e année, réalisé à l’école, le plus souvent à l’entrée au CP. Il ne s’agit pas d’un dépistage de la dyslexie puisque l’apprentissage de la lecture n’a pas encore commencé à ce moment de l’année, mais d’un dépistage des troubles du langage oral.

La prise en charge

Lorsqu’un trouble « dys » est diagnostiqué chez un enfant, il fait l’objet d’une prise en charge à la fois individuelle et pédagogique. Le plus souvent, pour la dyslexie, elle consistera en un programme de rééducation chez un orthophoniste comprenant un entraînement des capacités phonologiques et un développement de stratégies de compensation pour détourner le handicap. D’autres professionnels peuvent également être mobilisés : psychomotricien, psychologue, ergothérapeute…

Vers une prévention des troubles « dys »

La prévention des troubles « dys » est une piste encore peu explorée. Cependant, des effets bénéfiques ont été observés chez des enfants à risque de dyslexie, ou présentant déjà des difficultés de lecture, à la suite d’un entraînement quotidien en petit groupe. Dans cette expérience, plus la prise en charge était précoce, plus l’intervention s’est révélée efficace !

Enfin, sachez que votre enfant peut continuer à rencontrer des difficultés à l’école même s’il travaille beaucoup. Dans ce contexte, le rôle des parents est essentiel. Apportez votre soutien, pour lui éviter le découragement, la frustration voire une souffrance psychologique ou des conflits.

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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