Que penser de l’huile de palme ?

Mis à jour le 12/08/2015 par Bérangère Barataud

On entend régulièrement des critiques sur l’huile de palme. Présente dans de nombreux produits alimentaires de notre quotidien, sa consommation serait néfaste pour notre santé et sa culture nuirait à notre environnement. Mais qu’en est-il réellement ? Quelques éléments de réponse pour se faire sa propre idée…

huile_palme_89663605_web

Qu’est-ce que l’huile de palme ?

L’huile de palme est issue du fruit du palmier à huile, cultivé dans les zones tropicales humides, principalement en Indonésie et en Malaisie. Brute, elle possède une vive couleur rouge due à une forte teneur en carotène, ce qui lui vaut le nom de « red palm oil » en anglais. En Europe, elle est consommée raffinée, c’est-à-dire décolorée et désodorisée.

Comment est-elle utilisée ?

L’huile de palme est utilisée dans différentes industries :

  • En agroalimentaire (80 % de la production). Elle entre dans la composition de biscuits, pâtisseries, pâtes à tartiner, margarines, huiles de friture et tous types de préparations alimentaires.
  • En oléochimie (19 % de la production). Elle est utilisée pour la fabrication de cosmétiques, bougies, produits pharmaceutiques, cuir, agrochimie, peinture, électronique…
  • Comme biodiesel (1 % de la production) en alternative au carburant pour moteur diesel.

Quel est le profil nutritionnel de l’huile de palme ?

Comme toutes les huiles, l’huile de palme est composée de quasiment 100 % de lipides (graisses), mais contrairement aux autres huiles végétales qui contiennent très peu d’acides gras saturés (11,5 % dans l’huile de tournesol, 7,6 % pour le colza, 15,1 % pour l’olive), l’huile de palme contient environ 50 % d’acides gras saturés dont l’acide palmique et l’acide oléique. Or, il est aujourd’hui démontré que les acides gras saturés augmentent le cholestérol, ont un effet pro-inflammatoire et réduisent l’insulino-sensibilité à dose élevée (risque de diabète de type II). De plus, ces deux acides gras ne sont pas « essentiels », c’est-à-dire non indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, contrairement aux acides gras essentiels comme les oméga 3 et 6.

C’est également en raison de sa forte teneur en acides gras saturés que l’huile de palme est dite « concrète », c’est-à-dire solide à température ambiante, alors que la grande majorité des huiles végétales sont liquides. Concernant les vitamines, l’huile de palme est riche en vitamine E, même après raffinage. Cette vitamine est antioxydante, joue un rôle protecteur de la santé cardiovasculaire et pourrait réduire le risque d’apparition de certains cancers. En outre, l’huile de palme brute est également très riche en carotène (500 à 2000 mg/kg) par rapport aux autres huiles végétales (100mg/kg), mais il est éliminé lors du raffinage (décoloration et désodorisation).

Quel étiquetage pour l’huile de palme ?

La déclaration nutritionnelle sera obligatoire sur les denrées alimentaires préemballées à compter du 13 décembre 2016. Jusqu’à cette date, l’huile de palme peut être désignée dans la liste des ingrédients sous le terme « Huile [ou graisse ou matière grasse (MG)] végétale ». L’étiquetage a cependant commencé à évoluer dès 2014 pour être plus précis. A terme, la liste des ingrédients devra mentionner le type d’huile végétale, par exemple : huile de palme ou huile de tournesol.

Pourquoi l’huile de palme est-elle toujours utilisée malgré les polémiques ?

Bien que l’huile de palme soit aujourd’hui montrée du doigt pour son effet nocif sur la santé et l’écologie (problème de cohabitation avec les dernières zones importantes de biodiversité situées dans les zones tropicales humides, déforestation essentiellement en Asie et demain en Afrique), la forte teneur en acides gras saturés de l’huile de palme présente cependant un certain nombre d’avantages :
Pour l’alimentation et la santé :

  • Elle donne goût et texture aux produits alimentaires (onctuosité, croquant, croustillant),
  • Elle permet aux produits de mieux résister à l’oxydation, c’est-à-dire de ne pas rancir rapidement,
  • Elle permet de résister aux traitements thermiques car les acides gras saturés sont stables en cuisson et friture,
  • Elle permet d’offrir une alternative aux matières grasses hydrogénées comportant notamment des acides gras trans, qui seraient encore plus mauvais au niveau cardio-vasculaire.

Pour l’agriculture et le développement de certaines régions :
La culture du palmier à huile assure 39 % de la production mondiale en huile végétale en occupant seulement 7 % des surfaces agricoles en oléagineux et avec des coûts de production inférieurs de 20 % à ceux du soja par exemple.
De plus, elle représente une importante source de devises pour les économies locales productrices.

Des éléments pour relativiser…

  • Les Français ne consomment que 2 kg en moyenne d’huile de palme par personne et par an. Cette faible consommation ne constitue pas réellement de problème nutritionnel aujourd’hui, mais s’inscrit dans un contexte d’excès des apports en lipides et surtout en acides gras saturés. Ainsi, il est avant tout important de veiller à équilibrer son alimentation dans l’ensemble et de limiter la consommation de produits gras issus de l’industrie agro-alimentaire (gâteaux, biscuits, pâtes à tartiner..).
  • Les alternatives à l’huile de palme dans les technologies alimentaires ne sont pas satisfaisantes pour le moment, ni sur le plan de la texture, ni sur le plan nutritionnel.
  • Depuis 2008, il existe une initiative internationale délivrant une certification et favorisant la promotion d’une huile de palme durable. Cette certification RSPO (Roubdtable on Sustainable Palm Oil) repose sur 8 principes et 39 critères. Aujourd’hui, 10 % de la surface mondiale plantée est certifiée RSPO et des initiatives nationales se développent (Indonesian Sustainable Palm Oil, Malaysian Sustainable Palm Oil). Même si le respect de l’ensemble d’une chaîne de production durable est difficile à mettre en place, « les consommateurs occidentaux ont la possibilité de tirer la filière vers le haut en exigeant des transformateurs le respect des normes existantes de durabilité, et en encourageant leur amélioration ».

Sources :

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

Tous les articles de Géraldine
Votre avis nous intéresse
Laisser un commentaire, que pensez-vous de cet article ?

Blue Captcha Image Refresh

*