Pourquoi faut-il se méfier du moustique tigre ?

Mis à jour le 08/07/2016 par Bérangère Barataud

Le moustique tigre fait de plus en plus parler de lui, et pour cause : ce moustique est un vecteur potentiel de maladies graves (dengue, chikungunya…) et sa progression sur le territoire s’accélère…

Moustique tigre

L’Aedes Albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre, est une nouvelle espèce de moustiques dans l’Hexagone. Il a été déclaré pour la première fois « implanté et actif » en 2003, dans les Alpes-Maritimes. La multiplication des échanges de marchandises a sans aucun doute facilité son arrivée.

Tout petit, ne mesurant que quelques millimètres, on reconnaît le moustique tigre à ses rayures blanches sur les pattes et l’abdomen. Venu d’Asie, il a la particularité de se développer très facilement dans de petites retenues d’eau : coupelles sous les pots de fleurs, arrosoirs, gouttières mal entretenues, vieux pneus… Il est aujourd’hui très implanté en milieu urbain.

Deux bonnes raisons d’éliminer le moustique tigre

  • Le moustique tigre est un vecteur potentiel de maladies graves comme la dengue, le chikungunya, la fièvre Zika… C’est en piquant une personne ou un animal déjà infecté par un virus (ou une bactérie, un parasite…) qu’il se retrouve à son tour contaminé. Après quelques jours d’incubation, le moustique tigre peut alors transmettre la maladie à une personne saine en la piquant.

En France, on recense surtout des cas importés, touchant des touristes revenant de régions exposées comme le Brésil, et ayant contracté la maladie sur place.
Deux autres moustiques sont aussi « à risque » :
> Le moustique Anophèle : vecteur potentiel du paludisme. Même s’il est présent partout en France, le risque est moindre car la maladie est éradiquée sur le territoire.
> Le moustique du genre Culex : vecteur potentiel du West Nile Virus. Quelques cas ont été identifiés en Camargue chez des animaux.

Les moustiques communs ne sont pas capables de transmettre ces virus. Par contre, certains d’entre eux dits « vulnérants » sont responsables de phénomènes épidermiques de plus en plus importants (piqûres plus douloureuses, davantage de complications…).
  • De par sa grande capacité d’adaptation, résistant aux hivers rigoureux, le moustique tigre fait partie aujourd’hui des 10 espèces les plus invasives au monde. Il a déjà colonisé 60 pays et sa progression en France est de plus en plus rapide.
    Moustique tigre en FranceEn rouge : 30 départements où le moustique tigre est implanté et actif
    En orange : 21 départements où le moustique tigre a été intercepté ponctuellement
    En jaune : 36 départements faisant l’objet d’un dispositif de veille.

    Pour plus de détails, ne manquez pas notre météo des moustiques !

     

Comment se protéger du moustique tigre ?

  • Chez soi

Le premier réflexe pour limiter la propagation du moustique tigre est d’éliminer toutes les petites retenues d’eau dans son jardin ou sur sa terrasse (sous les pots de fleurs, dans les arrosoirs, gouttières bouchées, vieux pneus…). « C’est le facteur numéro un de prolifération des moustiques », insiste Stéphane Robert, président-fondateur de Vigilance moustiques. « Il est bon de surveiller et supprimer la moindre petite retenue d’eau qui pourrait se transformer en eau stagnante. On peut aussi la renouveler pour éviter qu’elle ne devienne un gîte larvaire dans lequel le moustique se développe aisément. »

Sinon, il n’y a pas de précautions particulières à adopter contre le moustique tigre, toutes les mesures anti-moustiques (moustiquaires, répulsifs anti-moustiques…) sont les bienvenues pour se protéger efficacement. A savoir que l’utilisation de répulsifs cutanés serait le moyen de protection le plus sûr. Pensez à bien vérifier qu’ils sont fabriqués à partir de molécules reconnues efficaces (Icaridine, IR3535, Deet, Citriodiol) et à respecter les précautions d’emploi, notamment pour les enfants et femmes enceintes. La liste des répulsifs contre les piqûres de moustiques et autres insectes piqueurs est disponible sur le site du ministère des Affaires sociales et de la Santé.

  • Au niveau national

Des nids pondoirs sont installés dans les zones sensibles. Ils piègent les moustiques femelles qui viennent y pondre leurs œufs.

Un plan anti-dissémination a aussi été lancé dans près de 90 départements. « Concrètement, à partir du 1er mai, les médecins sont informés et sensibilisés. A la moindre suspicion de cas de dengue, de chikungunya ou de virus Zika, ils doivent demander des analyses spécifiques en laboratoire dont les résultats sont obtenus dans des délais d’urgence », explique Stéphane Robert. « Si le ou les cas sont avérés, une procédure de démoustication est alors lancée dans un périmètre de 200 mètres autour du lieu d’habitation des personnes malades. L’objectif étant de pouvoir agir localement et de façon très ciblée pour gagner en efficacité. »

Appel à la vigilance citoyenne

Le réseau Vigilance moustiques appelle à une veille citoyenne pour améliorer la surveillance du moustique tigre. Toute personne peut déclarer un cas directement sur le site Vigilance moustiques ou sur le portail de signalement du moustique tigre.
Ces déclarations permettent d’affiner la surveillance et optimiser le suivi des zones sensibles, toutes les données collectées étant centralisées par les organismes publics.

Il est aussi possible de faire un signalement de moustique tigre (entre autres) directement via l’application mobile iMoustiques. Un autre moyen simple et efficace pour procéder à une déclaration en temps réel, photo à l’appui, avec son smartphone !

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