Poisson sauvage ou poisson d’élevage ?

Mis à jour le 01/02/2016 par Alexie Colson

Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande de manger du poisson deux fois par semaine, mais lequel choisir ? Poisson sauvage ou poisson d’élevage ? Possèdent-ils les mêmes intérêts nutritionnels ? Inutile de partir à la pêche aux infos, on vous les livre… toutes fraîches !

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Pêche vs pisciculture

La pêche

On distingue la pêche côtière, qui utilise des bateaux de moins de 16 mètres effectuant des sorties de moins de 4 jours, et la pêche hauturière (en haute mer) composée principalement de chalutiers qui partent en mer jusqu’à plusieurs semaines. Sur ce dernier type de navire, le poisson est bien souvent directement congelé à bord afin de garantir une fraîcheur et une conservation optimale. La pêche congelée représente ainsi plus d’un quart de la production française.
La pêche hauturière française opère dans l’Atlantique Nord-Est et fournit aujourd’hui plus de 70 % de la criée.

La pisciculture

Pour faire face à la demande croissante de poisson, la pêche est complétée par la pisciculture, une technique d’élevage de poisson en eau douce ou en eau de mer.
L’élevage du poisson s’appuie sur son cycle de vie naturel :

  • La naissance en écloserie : les alevins viennent au monde dans des écloseries et sont élevés en nurserie jusqu’à 3 mois.
  • La croissance en bassin : à 3 mois, le jeune alevin est transféré dans différents bassins. Selon les espèces, il grandit ensuite pendant 12 à 30 mois jusqu’à atteindre l’âge adulte.
  • La livraison : devenu adulte, le poisson est pêché à la commande. Il peut aussi être transformé en filets, natures ou fumés (pour la truite par exemple), ou en pavés. Son calibrage est constant et son prix régulier.

L’alimentation fournie à ces poissons contient 30 à 40 % de produits de poissons non destinés à la consommation humaine. Le reste est composé de produits végétaux, vitamines et minéraux.

Les « + » de la pisciculture :

  • Elle préserve les ressources halieutiques. En effet, les stocks surexploités, épuisés et en phase de reconstitution sont estimés à près de 25 % de la pêche mondiale depuis le début des années 2000, et les « stocks de sept des dix premières espèces qui représentent 30 % de la production mondiale des pêches marines sont pleinement exploités ou surexploités, ce qui exclut toute possibilité d’augmentation durable de leurs captures » selon la FAO (Food & Agriculture Organization of the United States).
  • Elle permet de rendre le prix du poisson plus abordable.

Les « – » de la pisciculture :

Comme la pêche en mer, la pisciculture a des conséquences sur l’environnement :

  • La surpêche des petits poissons qui servent à nourrir les poissons d’élevage ;
  • La pollution due aux déchets alimentaires, excréments, résidus d’antibiotiques et autres traitements pour les poissons.

Comment savoir s’il s’agit d’un poisson sauvage ou d’un poisson d’élevage ?

En France, le plus souvent, les poissons de pêche sont : l’anchois, le bar, la daurade, le hareng, le lieu jaune, le lieu noir, la limande, la lotte, le maquereau, le merlan, le merlu, la morue, le rouget, la sardine, la sole, le thon blanc
Les poissons d’élevage les plus fréquents sont le bar, la daurade, le tilapia, le panga, le saumon (principalement issu de l’élevage en Europe du Nord) et la truite (élevée dans les régions françaises). Regardez l’étiquette !
Selon la législation, l’étiquetage du poisson vendu en France doit vous renseigner sur son mode de production. Les trois informations indispensables sont :

  • La dénomination commerciale du produit, c’est-à-dire son nom commun (bar, sole, sardine…) ;
  • Le mode de production : pêche ou élevage ;
  • La zone maritime de pêche (Méditerranée, Baltique, Atlantique nord-est, etc.) ou le pays d’élevage pour la pisciculture.

Intérêt nutritionnel : quelles différences entre poisson sauvage et poisson d’élevage ?

Selon l’étude Nutraqua, c’est l’espèce, et non la provenance (pêche ou pisciculture) qui détermine la composition nutritionnelle des produits aquatiques. Ainsi, les poissons d’élevage et les poissons sauvages présentent les mêmes caractéristiques nutritionnelles :

  • Des protéines de qualité ;
  • Peu de calories ;
  • Des oméga-3 et de la vitamine D pour les poissons gras (sardine, maquereau, truite, saumon, hareng, anguille, anchois) ;
  • De la vitamine B12, de l’iode et du sélénium pour les poissons d’eau de mer.

De plus, poissons d’élevage comme poissons sauvages sont concernés par la pollution des eaux de mer et de rivières, contaminées par les rejets des activités domestiques, agricoles et industrielles. Les produits polluants sont les pesticides, les PCB (polychlorobiphényles), les métaux lourds comme le mercure… Cependant, les bienfaits reconnus du poisson sont nettement supérieurs aux éventuels risques toxiques.

Nos conseils

  • Consommez du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras (hareng, saumon, maquereau, sardine…), et en variant les espèces et les zones de pêche ;
  • Pour certaines catégories de la population, limitez la consommation de certains poissons.
    Poissons prédateurs tels que lotte, flétan, raie, empereur, thon, dorade :

    • 150 g par semaine pour les femmes enceintes ou allaitantes ;
    • 60 g par semaine pour les jeunes enfants (moins de 30 mois).

    Poissons d’eau douce fortement bio-accumulateurs tel que anguille, barbeau, brème, carpe, silure (à l’exception des zones de très forte contamination) :

    • à 1 fois tous les 2 mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et les adolescentes ;
    • à 2 fois par mois pour le reste de la population.
Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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