Oubliez la transpiration !

Mis à jour le 14/03/2016 par Bérangère Barataud

Des mains moites, des auréoles sur la chemise, des gouttes qui perlent sur le front… la transpiration n’est pas une maladie, mais peut se révéler handicapante lorsqu’elle est excessive ! Comment fonctionne la transpiration ? Qu’est-ce que l’hyperhidrose et quels sont ses traitements ? Explications et conseils pratiques…

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Le mécanisme de la transpiration

La transpiration est un phénomène normal et naturel. Elle sert à réguler la température de notre corps pour le maintenir à 37°C.coupe-peau2

Notre corps produit naturellement et constamment de la chaleur. Lorsque la température du sang devient excessive à la suite d’une activité physique, de la chaleur environnante ou d’une émotion (stress, anxiété), l’hypothalamus situé dans le cerveau envoie un signal au système nerveux afin de déclencher la transpiration.
De 3 à 5 millions de glandes sudoripares sont réparties sous toute la surface de la peau et davantage concentrées à certains endroits : les aisselles, les paumes des mains, les pieds. Ces glandes extraient la chaleur du sang (apporté par les vaisseaux sanguins) sous forme d’eau et de sels minéraux, puis l’évacuent jusqu’à la surface de la peau par de petits vaisseaux. En s’évaporant, la sueur va alors permettre de rafraîchir le corps et de stabiliser sa température.

L’hyperhidrose, une transpiration excessive

L’hyperhidrose correspond à une sudation excessive qui dépasse le volume nécessaire à une bonne thermorégulation. La quantité de sueur évacuée normalement par notre corps est d’un litre par jour en moyenne, mais peut aller jusqu’à 4 litres en cas d’hyperhidrose. Cette transpiration excessive intervient toujours pendant la journée, jamais la nuit.
Près de 3 % de la population seraient concernés. Ce problème ne touche pas plus les hommes que les femmes, mais survient le plus souvent chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.
L’hyperhidrose peut constituer un handicap sérieux d’un point de vue social et professionnel, amenant parfois les personnes qui en souffrent à s’isoler. L’hyperhidrose peut également entraîner des complications infectieuses, des irritations, des pathologies dermatologiques, tels que boutons de chaleur, pied d’athlète, mycoses, verrues…

Les personnes à risque :

  • Les personnes ayant des antécédents familiaux. En effet, 25 à 50 % des personnes concernées ont un parent souffrant d’hyperhidrose ;
  • Les personnes souffrant d’obésité ;
  • Les personnes originaires d’Asie du sud (hyperhidrose des mains).

Que faire face à une transpiration excessive ?

La transpiration est un phénomène essentiel au maintien de la température corporelle et ne doit donc pas être totalement éliminée. Il est cependant possible d’agir pour la limiter. Les méthodes vont de la plus simple et la plus naturelle à la chirurgie pour les cas les plus sérieux.

  • La pierre d’alun. Ce minéral naturel possède une propriété astringente qui resserre les pores de la peau sans les boucher pour réguler la transpiration. Pour l’utiliser, il suffit de l’humidifier à l’eau froide et de la passer lentement sur la peau. Elle se trouve en pharmacies, parapharmacies et magasins bio.
  • Les antitranspirants ou détranspirants. Ce sont des traitements à base de chlorure d’aluminium qui doivent être appliqués sur une zone précise.
    En 2011, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps, aujourd’hui Ansm), a publié un rapport recommandant quelques mesures de précaution quant à l’utilisation de ces produits potentiellement toxiques :
    – La concentration d’aluminium dans les produits antitranspirants ou déodorants doit être limitée à 0,6 %.
    – Les produits cosmétiques contenant de l’aluminium ne doivent pas être utilisés sur une peau lésée (après le rasage ou en cas de microcoupures).
  • L’ionophorèse. Elle consiste à immerger dans des bacs d’eau, dans lesquels circule un faible courant électrique, les mains et/ou les pieds. En réaction au courant, les canaux qui évacuent la sueur se resserrent. Ce traitement est efficace mais contraignant puisqu’il nécessite plusieurs dizaines de minutes de traitement par semaine.

Si les traitements locaux échouent, l’injection de toxine botulique (ou botulinique) peut être envisagée. Le produit est injecté au niveau de la zone touchée et arrête l’influx nerveux entre le nerf et la glande. L’injection doit être renouvelée tous les 6 mois.

En cas d’échec des traitements précédents, il est possible de subir une intervention chirurgicale : la sympathectomie (coupure du nerf qui transmet l’ordre de transpirer à la glande) ou l’ablation des glandes sudoripares.
Si une transpiration excessive dégrade votre qualité de vie, n’hésitez pas à consulter un dermatologue qui pourra vous conseiller sur le traitement le mieux adapté à votre situation.
En revanche, si vous avez une forte transpiration, qu’elle survient pendant la nuit et qu’elle est associée à une perte de poids, consultez un médecin rapidement.

Nos conseils

Conseils pratiques au quotidien en cas de forte transpiration

  • Buvez de l’eau en quantité suffisante pour éviter toute déshydratation et compenser les pertes liées à la transpiration (une urine foncée est le signe d’une hydratation insuffisante).
  • Une transpiration excessive peut être provoquée par le stress ou des émotions. Apprenez à vous détendre en pratiquant le yoga, la méditation…
  • Modifiez votre alimentation : limitez le thé, le café, les boissons contenant de la caféine et les plats épicés car ils augmentent la température corporelle.
  • Lavez-vous tous les jours pour supprimer les bactéries.
  • Veillez à bien vous sécher après votre toilette, particulièrement entre les orteils car les bactéries et les champignons se développent sur les surfaces humides. Éventuellement, utilisez ensuite sur vos pieds un produit antisudorifique (poudre, crème…).
  • Changez de chaussures et de chaussettes chaque jour. Préférez le cuir pour vos chaussures et le coton ou la laine pour vos chaussettes. Lors de la pratique d’activités sportives, portez des chaussettes adaptées et des semelles absorbantes.
  • Privilégiez les vêtements en fibres naturelles (coton, lin, laine, soie) et des vêtements respirants lors de pratiques sportives.
Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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