La méthode « mère Kangourou »

Mis à jour le 25/02/2015 par Claire Velghe

Chaque année, plus de 55.000 bébés naissent prématurés en France, c'est-à-dire avant 37 semaines de gestation au lieu de 40 ou 41. En raison d’une augmentation du nombre de grossesses et notamment de grossesses multiples, les taux de naissances prématurées sont en hausse. Or, la prématurité est la principale cause de décès des nourrissons dans le monde. Cependant, plus des trois quarts de ces bébés peuvent être sauvés si on leur prodigue des soins simples sans que l’on ait besoin de recourir à des soins intensifs néonatals ; parmi eux : la méthode « mère Kangourou ». Sautez à pieds joints dans nos explications !

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Le concept du « peau contre peau »

La méthode « mère kangourou » consiste à porter un enfant prématuré, ou un nourrisson de faible poids, sur le ventre en contact peau contre peau. Elle se caractérise par :

  • Un contact, peau contre peau dès que possible, continu et prolongé entre la mère et le nourrisson,
  • Idéalement, un allaitement au sein exclusif,
  • Des soins initiés à l’hôpital mais qui peuvent ensuite être poursuivis de retour à la maison avec un appui et un suivi appropriés,
  • Un retour à la maison assez rapide.

A l’origine de cette méthode, deux médecins à Bogota en Colombie, les docteurs Rey et Martinez, qui souhaitaient palier le manque de couveuses appropriées pour des nourrissons nés avant terme et qui avaient surmonté les problèmes initiaux.
Aujourd’hui, la méthode « mère kangourou » reste une méthode de soins moderne quel que soit le milieu, y compris là où l’on dispose d’une technologie coûteuse et de soins appropriés.

Des bienfaits pour le bébé… comme pour la maman

Cette méthode est facile à appliquer. Elle s’est avérée efficace pour garder l’enfant au chaud, favoriser l’allaitement au sein et établir des liens affectifs entre la mère et l’enfant, et ce indépendamment du milieu, du poids, de l’âge gestationnel et des conditions cliniques.

Des bénéfices au moins équivalents aux soins classiques de type couveuses (du point de vue de la sécurité et de la protection thermique, si l’on se base sur le taux de mortalité). L’idéal est un contact peau contre peau continu mais un contact intermittent est également bénéfique si le bébé est maintenu en couveuse et si des soins appropriés lui sont dispensés quand il est séparé de sa mère. Cependant, des sessions de moins de 60 minutes devraient toutefois être évitées car des changements fréquents sont trop pénibles pour le nourrisson.

L’allaitement au sein facilité.
L’allaitement au sein des prématurés peut être particulièrement difficile. Au cours des premiers jours, un nourrisson de petite taille n’est parfois pas capable de s’alimenter oralement et doit être nourri par voie intraveineuse. Durant cette période le nourrisson reçoit des soins traditionnels.
L’alimentation orale devrait commencer dès que l’état du nourrisson le permet et dès que le nourrisson accepte de s’alimenter de cette façon. C’est en général à ce moment que le nourrisson peut être placé en position « kangourou ». Cette position aide la mère à produire du lait, et encourage par conséquent l’allaitement au sein.
Plus tôt sera utilisé le contact peau contre peau, plus grand sera l’effet sur l’allaitement au sein. Mais cependant, même un contact peau contre peau plus tardif et seulement pendant une durée limitée par jour favorise l’allaitement au sein, particulièrement si le nourrisson est placé en couveuse et si la méthode d’alimentation la plus répandue est le biberon.

L’établissement de meilleurs liens affectifs entre la mère et le nourrisson.
Les soins traditionnels peuvent être stressants pour les mères d’enfants prématurés, qui se sentent alors impuissantes. La méthode « mère kangourou » leur permet d’agir de manière positive. Cela leur donne plus confiance en elles-mêmes, elles sont plus fières d’elles-mêmes, capables d’intervenir et ont un sentiment d’épanouissement.
La méthode permet également aux pères d’agir en donnant eux-mêmes les soins « kangourou » à leur enfant, les rendant plus à l’aise et plus satisfaits.
La méthode « mère kangourou » donne par conséquent aux mères des possibilités d’intervention et accroissent la confiance qu’elles ont en leur façon de s’occuper et d’alimenter leur nouveau-né prématuré ou de faible poids.
En revanche, la méthode « mère kangourou » n’a jamais fait l’objet d’une évaluation quand elle était donnée à domicile.

Quand commencer ? Quand arrêter ?

Pour pouvoir commencer la méthode « mère kangourou », l’état de santé du nourrisson doit être stabilisé. Avant cela, ils sont mieux pris en charge s’ils sont placés en couveuse. Dès que les conditions générales s’améliorent et que le nourrisson n’a plus besoin de soins médicaux intensifs, mais seulement de chaleur, de protection contre les infections et d’une alimentation adéquate pour assurer sa croissance, les soins « kangourou » peuvent débuter.
La méthode est généralement poursuivie jusqu’à la date du terme (âge gestationnel d’environ 40 semaines) ou 2,5 kg. Du reste, le nourrisson commence alors à manifester qu’ils n’a plus besoin de ces soins : il tend ses jambes, crie et se fait entendre dès qu’on cherche à le mettre en position peau contre peau !
Plusieurs maternités françaises possèdent des unités « mère Kangourou ». Si votre enfant est prématuré et correspond aux conditions, cette méthode pourra vous être proposée. Renseignez-vous auprès de votre maternité.

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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