Médicaments et conduite automobile : les bons réflexes

Mis à jour le 19/09/2016 par Bérangère Barataud

Prendre un médicament est loin d’être un acte anodin, d’autant plus lorsque l’on doit tenir le volant ! Certains traitements ont un retentissement évident sur les capacités à conduire, mieux vaut donc ne pas sous-estimer leurs effets. Pour ne prendre aucun risque sur la route, optez pour une conduite responsable en adoptant de bons réflexes. On vous guide !

Médicaments et conduite

Somnolence, baisse d’attention, diminution des réflexes et des capacités de jugement, trouble de la vue… les effets de certains médicaments sur la conduite automobile ne sont pas à prendre à la légère. Près de 10 % des personnes victimes d’un accident de la route prendraient un traitement incompatible avec la conduite. La vigilance est donc de mise…

De quels médicaments faut-il se méfier ?

Selon l’Ansm (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), près de 3 000 médicaments sont susceptibles d’entraîner des effets sur les capacités à tenir un volant, et un médicament sur 50 serait totalement incompatible avec la conduite. Ceux dont il faut le plus se méfier sont les médicaments psychotropes, comme les somnifères (ou hypnotiques) et les tranquillisants (ou anxiolytiques, en particulier les benzodiazépines). Leurs effets sédatifs peuvent augmenter jusqu’à 5 fois le risque d’accident sur la route.

D’autres classes de médicaments sont aussi susceptibles d’altérer les capacités de conduite :

  • les neuroleptiques (médicaments prescrits dans le traitement des psychoses)
  • les anesthésiques
  • les collyres mydriatiques (gouttes pour les yeux qui dilatent la pupille en vue d’examens ophtalmologiques)

Plus surprenant peut-être, des médicaments à usage courant, contre des douleurs, un rhume, une allergie, une infection, le mal des transports, peuvent eux aussi vous jouer de mauvais tours.

Du côté des traitements prescrits en cas de maladie chronique, on retrouve :

  • les antidépresseurs
  • les antiépileptiques
  • les antiparkinsoniens
  • les antidiabétiques
  • les antihypertenseurs
  • les antiglaucomateux (médicaments utilisés pour traiter le glaucome, une hypertension à l’intérieur du globe oculaire)

Des pictogrammes d’alerte pour vous guider

Pour attirer l’attention des conducteurs, les médicaments à risque présentent, depuis 2005, un pictogramme bien visible, semblable à un triangle de signalisation, avec une couleur différente pour chaque niveau de risque :

  • Niveau 1 : pictogramme jaune

Le risque est faible, mais la prudence reste de mise. Il est recommandé de lire la notice avant de prendre le volant.

Pictogramme conduite niveau 1

  • Niveau 2 : pictogramme orange

Le risque est réel. Il faut être très prudent et ne pas conduire sans l’avis d’un médecin.

Pictogramme conduite risque niveau 2

  • Niveau 3 : pictogramme rouge

Les effets du médicament rendent la conduite automobile dangereuse. Il ne faut surtout pas prendre le volant. L’avis d’un médecin est également indispensable pour la reprise de la conduite.

Pictogramme conduite risque niveau 3

Bon à savoir

Les indications des pictogrammes s’appliquent non seulement aux conducteurs de véhicules (motorisés ou non), mais aussi aux personnes utilisant des machines, qu’elles soient professionnelles ou de loisir.

Nos conseils

Pour concilier au mieux prise de médicaments et conduite automobile :

  • Premier réflexe à avoir : toujours bien regarder vos boîtes de médicaments pour repérer la présence éventuelle d’un pictogramme. En cas de risque, suivez bien les recommandations indiquées.
  • Si vous devez prendre le volant, mieux vaut lire la notice de vos médicaments, rubrique « Conducteurs et utilisateurs de machines ». Soyez aussi attentifs aux paragraphes « Mises en garde et précautions d’emploi » et « Effets indésirables » pouvant avoir un impact sur la conduite.
  • Pensez à signaler à votre médecin ou pharmacien que vous conduisez. Il pourra ainsi, dans la mesure du possible, choisir un traitement ayant moins d’effets sur la conduite.
  • Demandez aussi toujours conseil à votre médecin avant de changer votre prise de médicaments. La modification ou l’arrêt spontané d’un traitement peut augmenter les effets indésirables sur la conduite.
  • Respectez les heures et conditions de prise des médicaments (à jeun, pendant les repas, au coucher).
  • Ne consommez ni drogue, ni alcool. Leurs effets, déjà dangereux pour la conduite, peuvent être amplifiés par la prise de médicaments.
  • Si vous vous sentez fatigué, ressentez un mal-être, avez envie de dormir… ne prenez pas le volant ou arrêtez-vous de conduire sans attendre.
  • Enfin, si vous prenez des médicaments à risque, mieux vaut privilégier dans la mesure du possible la marche (d’autant plus que c’est bon pour la santé !) et/ou les transports en commun.
  • Dans tous les cas, n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel de santé si vous avez le moindre doute !

 

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Férue de presse scientifique et d'infos santé, mais surtout maman poule !

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