Dossier

Les réponses à vos questions : Alzheimer

Mis à jour le 21/09/2016 par Bérangère Barataud

Cet article fait partie du dossier : Comprendre la mémoire et la maladie d’Alzheimer

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Perte de mémoire, maladie d'Alzheimer... le Dr Hélène Pitti-Ferrandi, médecin gériatre, répond à toutes vos questions sur le sujet.

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Ma mère de 80 ans est atteinte de maladie d’Alzheimer. Ai-je un risque augmenté d’en être atteint(e) moi aussi ?

Certes, il existe des facteurs de risque génétiques prédisposant à la survenue de la maladie d’Alzheimer. Ils sont très relatifs car il existe beaucoup d’autres facteurs inconnus qui entraînent cette maladie. Votre risque est donc légèrement augmenté, mais rien ne permet de vous prédire la survenue de cette maladie.

Est-il vrai que cette maladie peut survenir chez des sujets jeunes ?

Effectivement, de façon très rare, cette maladie peut toucher des sujets de moins de 50 ans. Il existe des formes génétiques avec des mutations situées sur certains gènes et la maladie est alors transmissible génétiquement. Ces familles présentent donc plusieurs membres atteints à un âge parfois précoce. Ces situations sont exceptionnelles.

Je souffre de dépression. Ai-je plus de risque d’avoir la maladie d’Alzheimer ?

Être atteint de dépression ne prédispose pas à la survenue ultérieure de maladie d’Alzheimer. Il faut traiter votre dépression, qui est une maladie, et vous faire aider.
La dépression en elle-même peut entraîner des troubles de mémoire et attentionnels qui disparaissent lorsqu’elle est traitée. Il ne faut pas hésiter à prendre le traitement antidépresseur prescrit qui n’altèrera pas votre mémoire, au contraire, et il est important de suivre votre traitement le temps préconisé. Par ailleurs, souffrir de dépression empêche la pratique d’activités physiques et intellectuelles dont on a vu l’importance dans la prévention de la maladie d’Alzheimer. Il est important de vous soigner.

J’ai très peur d’avoir la maladie d’Alzheimer et dès que j’ai un trou de mémoire, j’y pense. Cela me paralyse ! Que faire ?

Vous présentez probablement un trouble anxieux, c’est-à-dire que vous souffrez d’une anxiété excessive. Ce trouble peut engendrer d’authentiques difficultés de mémorisation liées à l’anxiété, ce qui alimente votre crainte d’être atteint de maladie d’Alzheimer. Il faut commencer par soigner ce trouble anxieux et pour cela en parler à votre médecin. Traitement médicamenteux et psychothérapie peuvent certainement vous aider.

Je fais beaucoup de mots fléchés, je joue au Sudoku. Est-ce suffisant pour entretenir ma mémoire ?

C’est excellent bien sûr, mais vous ne travaillez qu’un type particulier d’exercices. Or il faut stimuler votre mémoire et l’ensemble de vos fonctions intellectuelles de façon plus diversifiée. En effet, il n’y a pas de transfert d’un domaine à un autre. Par exemple, faire des mots fléchés ne permet pas de mieux retrouver les noms propres, ou bien s’entraîner au Sudoku ne va pas vous aider à mémoriser les numéros de téléphone.
Pour cela, il est conseillé plutôt de suivre un entraînement cognitif plus structuré avec des exercices ciblés pour développer des stratégies utiles au quotidien. Ces entraînements peuvent se faire au sein d’un atelier mémoire en groupe, mais il existe d’autres programmes en individuel, par exemple sur ordinateur.

Je dois avoir une intervention chirurgicale et crains l’anesthésie pour ma mémoire. Y a-t-il des précautions à prendre ?

On peut voir apparaître après une intervention longue et après 60 ans des troubles cognitifs qui généralement disparaissent en quelques semaines. Cela peut se manifester par des difficultés mnésiques, d’orientation spatiale ou on peut encore chercher ses mots.
Plus on est âgé, plus la réserve cognitive est faible et plus le risque augmente. Il est important de vous préparer à une intervention en l’abordant dans le meilleur état physiologique possible en continuant à pratiquer activités physique et intellectuelle. N’hésitez pas à poser toutes vos questions à l’anesthésiste lors de la consultation préopératoire.

Mon grand-père a eu une démence sénile. Qu’est-ce que c’est ?

Le terme « démence sénile » est un ancien terme qui a disparu. Il date d’une époque où les causes des troubles cognitifs et comportementaux des sujets âgés n’étaient pas connues comme maintenant.
Le terme démence est utilisé en médecine avec une définition très précise. Il a été gardé malgré sa connotation très négative.
Il désigne une atteinte de la mémoire et d’une autre fonction cognitive (comme le langage, les capacités à organiser et planifier…) ayant un retentissement sur les activités de la vie quotidienne et évoluant depuis au moins six mois.
La grande majorité des démences séniles sont en fait des maladies d’ Alzheimer dont on n’a pu à l’époque porter le diagnostic.

Je trouve que ma mémoire change. A qui en parler ?

Tout d’abord à votre médecin traitant. Il peut vous proposer une évaluation simple de votre mémoire à son cabinet ou vous orienter d’emblée vers un spécialiste (neurologue libéral ou consultation mémoire). Cette consultation spécialisée permettra la pratique d’un bilan approfondi. Elle permettra de poser un diagnostic et de proposer un traitement et un suivi si besoin.
La plainte mnésique est fréquente après 50 ans. Elle est liée très fréquemment à des troubles attentionnels tout à fait banals avec l’âge avec un fonctionnement mnésique normal. Dans certains cas, de petits troubles cognitifs peuvent être objectivés par les tests neuropsychologiques pratiqués. Il convient d’en déterminer la cause et de la traiter. Le suivi d’ateliers mémoire à visée de stimulation et d’entraînement peut être tout à fait bénéfique.

Existe-t-il des médicaments qui protègeraient de la maladie d’Alzheimer ?

Il n’y a actuellement aucun traitement qui ait fait la preuve formelle d’une protection contre cette maladie, mais des études sont en cours. Les seules mesures ayant montré un impact positif sur la survenue d’une maladie d’Alzheimer sont celles exposées dans ce dossier et reposent sur notre style de vie. Il n’est donc pas conseillé de prendre des compléments alimentaires ou des vitamines pour l’instant.

J’ai de grandes difficultés à retrouver les noms propres de personnes que je connais ? C’est très gênant. Que puis-je faire ? A quoi cela correspond-il ?

C’est une situation extrêmement fréquente pour deux raisons. D’une part, les noms propres n’ont pas de signification et donc leur accrochage à un contenu sémantique est plus difficile, d’autre part l’avancée en âge fragilise ce processus. Il convient alors pour pallier cela de développer des moyens mnémotechniques, par exemple en donnant un sens au nom que l’on veut retenir.
Concernant la mémoire, on distingue les troubles du rappel dans lesquels nous n’avons pas accès à une information que nous connaissons, des troubles de l’apprentissage qui sont des difficultés de stockage de nouvelles informations. Le premier cas est assez courant et lorsqu’il est important peut s’inscrire dans une pathologie cérébrale, par exemple vasculaire, mais peut aussi se voir au cours de la dépression ou de troubles anxieux. Le deuxième cas est évocateur d’une possible maladie d’Alzheimer débutante et nécessite de prendre un avis sans tarder.

Vous avez une autre question ? N’hésitez pas à nous la poser en envoyant un message à contact.prevention@m-g-c.com !
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Hélène Pitti-Ferrandi

Par Hélène Pitti-Ferrandi

Le docteur Hélène Pitti-Ferrandi est médecin gériatre à la Clinique de la Porte Verte à Versailles.

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