Dossier

Les dangers des régimes

Mis à jour le 15/05/2017 par Bérangère Barataud

Près de 60 % des femmes et 44 % des hommes souhaitent peser moins*. Beaucoup ont d'ailleurs déjà entrepris un, voire plusieurs régimes dans l’espoir de perdre les kilos qu’ils considèrent comme superflus. Avec, à la clé, un chiffre impressionnant de rechutes : 90 % au bas mot ! En plus d’être souvent difficiles à tenir et frustrants, la plupart des régimes sont également très mauvais pour la santé. Tour d’horizon des dangers qu’ils peuvent représenter…

Régimes

Le principe du régime alimentaire

L’objectif d’un régime est la perte de poids par une modification de l’alimentation. Cette « modification » peut prendre des formes diverses et variées : suppression d’une ou plusieurs catégories d’aliments, maintien d’une seule catégorie d’aliments, voire suppression totale d’aliments. Ces bouleversements de l’équilibre alimentaire peuvent entraîner des carences et des problèmes de santé, et peuvent être aggravés par le fait qu’on ne peut estimer la durée et la fréquence à laquelle un individu suivra un régime.

Régimes et dangers pour la santé

Il est important de prendre conscience que les régimes peuvent avoir de graves répercussions sur l’organisme, d’autant plus que bon nombre de personnes qui se lancent dans les régimes amaigrissants n’en ont pas besoin pour des raisons de santé.

Les perturbations de l’organisme

Au niveau des muscles et des os
Lors d’une perte de poids, quel que soit le régime choisi, la perte de masse grasse s’accompagne toujours d’une perte musculaire et osseuse et donc d’un affaiblissement de la personne. Ainsi, pour une perte de poids de 10 %, nous perdons en moyenne 1 à 2 % de la densité minérale osseuse. De plus, lorsque la personne va reprendre les kilos perdus, c’est en majorité de la masse grasse qui sera reprise.

Au niveau de l’appareil digestif
Beaucoup de régimes ne permettent pas un apport en fibres suffisant, entraînant des problèmes de transit et une augmentation du risque de cancer colorectal. Les régimes très hypocaloriques peuvent provoquer inflammations et calculs biliaires.

Au niveau du cœur
Les régimes, en particulier lorsqu’ils sont très hypocaloriques, entraînent des déficits importants en de nombreux nutriments, mais aussi des troubles du rythme cardiaque, voire une mort subite. C’est le cas également des régimes apportant un excès de sel à l’organisme, augmentant le risque d’hypertension artérielle et de maladie cardiovasculaire.

Au niveau des systèmes endocrinien, reproducteur et immunitaire
Notre organisme contient des polluants organiques persistants, appelés POPs. Il s’agit de substances chimiques nocives, telles que les pesticides et les produits chimiques industriels. Ces POPs s’accumulent dans le corps, et plus précisément dans les tissus adipeux et le foie. Lors d’une perte de poids, la concentration des POPs dans le plasma augmente et peut perturber le système endocrinien, mais aussi les systèmes reproducteur et immunitaire, voire entraîner des cancers.

Chez les populations spécifiques, d’autres troubles ont été identifiés : une dénutrition chez les seniors, des troubles hormonaux chez les adolescentes et les sportifs, ainsi que des perturbations de la croissance chez les enfants et adolescents.

Chez le sportif amateur, la pratique d’un régime associé à une activité peut accroître, à court terme, le risque d’accident cardiovasculaire (surtout chez les personnes qui reprennent une activité) et le risque de malaise.

Bon à savoir

Le retour au poids initial (qui a lieu dans 80 % des cas moins d’un an après le régime) s’accompagne d’une récupération préférentielle de masse grasse, au détriment de la masse maigre (masse musculaire et masse osseuse). D’où l’intérêt d’une activité physique régulière, pendant et après un régime, pour limiter cet effet.

La dérégulation du comportement alimentaire

Lors d’un régime, la personne concernée cesse de choisir ses aliments en fonction du plaisir qu’ils vont lui apporter, mais détermine plutôt ses choix en fonction de ce qu’elle sait (ou croit savoir) de leurs propriétés diététiques. Elle est ainsi moins à l’écoute de sa faim et son corps, va peu à peu dérégler ses signaux de faim et de satiété. Souvent, le problème pondéral est aussi aggravé par cette perturbation du comportement alimentaire.

Les conséquences psychologiques d’un régime amaigrissant

A court terme, le sentiment est toujours positif : une meilleure humeur accompagnée d’une confiance en soi et d’une estime de soi décuplée. Cet effet est accentué lorsque les efforts commencent à payer sur la balance.
A moyen et long terme, c’est le plus souvent la grande désillusion. Entre paliers de poids difficiles à passer, craquages, le corps est mis à rude épreuve et les nerfs également. Les échecs à répétition des régimes entraînent aussi souvent perte d’estime de soi, voire dépression.

Chez les enfants, les conséquences psychologiques peuvent être particulièrement graves. Les préoccupations des parents sur le poids de leurs enfants et leur effort pour restreindre leur consommation alimentaire a un impact négatif sur l’estime et la confiance en soi physique et intellectuelle de l’enfant, notamment chez les petites filles à partir de 5 ans, et ce, quel que soit leur poids.

2 sur 8
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Sophie NIKLASZEWSKI

Par Sophie Niklaszewski

Rédactrice nutrition et santé
Ingénieur en alimentation et santé, accro au chocolat et toujours la banane !

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