Les chirurgies de l’obésité

Mis à jour le 29/10/2013 par Géraldine Colleu

L’obésité est une maladie chronique pouvant entraîner des difficultés dans la vie de tous les jours et provoquer d’autres maladies. Après l’échec d’autres traitements, la chirurgie est une solution très efficace mais complexe qui réclame une bonne préparation et un important suivi. Quelles sont les conditions d’une chirurgie de l’obésité ? Quelles sont les différentes techniques ? En quoi consiste le suivi ? Des conseils qui font le poids…

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Qu’est-ce que l’obésité ?

L’indice de masse corporelle (IMC) est un indice qui permet d’estimer la corpulence d’une personne. Il se calcule en fonction de la taille et de la masse d’un individu : IMC = poids (kg) / taille (m)² . (Calculez votre IMC)
L’obésité se définit par un IMC supérieur à 30 kg/m² et se subdivise en trois catégories :

  • IMC entre 30 et 35 : obésité modérée
  • IMC entre 35 et 40 : obésité sévère
  • IMC supérieur à 40 : obésité morbide

L’obésité est une maladie chronique pouvant entraîner des difficultés dans la vie de tous les jours et provoquer des maladies (diabète, HTA, hypercholestérolémie, syndrome d’apnée du sommeil…). Il existe plusieurs types de traitements face à l’obésité : médical, nutritionnel, diététique et psychothérapeutique. C’est uniquement en cas d’échec de ces différents types de traitements qu’une intervention chirurgicale peut être envisagée.

Le parcours obligé d’une chirurgie de l’obésité

La chirurgie de l’obésité, ou chirurgie bariatrique (du grec « baros » qui signifie « poids »), doit aider à perdre du poids (40 à 80% de l’excès de poids), réduire les risques de maladies et améliorer la qualité de vie ; mais c’est une démarche qui présente également des risques (complications, difficultés au quotidien, suivi à vie) et qui doit donc être bien préparée et bien suivie par une équipe pluridisciplinaire.

  1. En cas d’échec de traitement médical bien conduit pendant 6 à 12 mois, une première consultation avec un praticien expérimenté dans la prise en charge chirurgicale de l’obésité permet de déterminer si une chirurgie est indiquée.
  2. Si c’est le cas, le patient est pris en charge et informé par une équipe pluridisciplinaire comportant au minimum un chirurgien, un médecin spécialiste de l’obésité (nutritionniste, endocrinologue ou interniste), une diététicienne, un psychiatre ou un psychologue et un anesthésiste-réanimateur.
  3. Si les implications et les risques sont bien compris et acceptés par le patient, des bilans et une prise en charge sur les plans médical, éducatif, psychologique et/ou psychiatrique sont effectués. La décision d’intervention est prise en concertation pluridisciplinaire.
  4. Enfin, si l’accord pour la chirurgie est donné, l’intervention est réalisée.

Quelles sont les conditions d’une chirurgie de l’obésité ?

  • Avoir plus de 18 ans et généralement moins de 60 ans,
  • Avoir un IMC supérieur à 40 kg/m², ou supérieur à 35 s’il associé à un autre trouble (hypertension artérielle, syndrome d’apnée sommeil, diabète de type 2, arthrose…),
  • Etre en échec après un traitement médical, nutritionnel, diététique et psychothérapeutique bien conduit pendant 6 à 12 mois (absence de perte de poids suffisante ou absence de maintien de la perte de poids),
  • Etre bien informé des différentes techniques de chirurgie et de leurs caractéristiques et risques,
  • Avoir bénéficié d’une évaluation et d’une prise en charge préopératoires pluridisciplinaires,
  • Avoir compris et accepté la nécessité d’un suivi médical et chirurgical à long terme.

Les différentes techniques de chirurgie bariatrique

Il existe deux types de chirurgie bariatrique : restrictive ou mixte :

  • la chirurgie restrictive consiste à diminuer la capacité de l’estomac afin que la sensation de satiété apparaisse plus rapidement et amène à ingérer moins d’aliments.

Voici quelques exemples :

Gastrectomiechirurgie-obesite_gastrectomie
C’est une technique restrictive qui consiste à diminuer la taille de l’estomac en supprimant les deux tiers de ce dernier, notamment, la partie contenant les cellules qui secrètent l’hormone stimulant l’appétit (ghréline). L’estomac est ainsi réduit à un tube vertical et les aliments passent rapidement dans l’intestin. En outre, l’appétit est diminué. Cette technique ne perturbe pas la digestion des aliments. La gastrectomie longitudinale constitue, parfois, la première étape d’une dérivation biliopancréatique.
Perte de poids attendue : 45 à 65 % de l’excès de poids après deux ans.

chirurgie-obesite_anneau-gastriqueL’anneau gastrique

C’est une technique restrictive qui consiste à placer un anneau autour de la partie supérieure de l’estomac afin de former une petite poche. Le volume de l’estomac diminué, le passage des aliments est ralenti sans perturber la digestion des aliments. Cette technique est la seule à être ajustable grâce à l’anneau qui peut être serré ou desserré en injectant un liquide dans un petit tube par un boîtier de contrôle placé sous la peau. Cette technique n’est pas définitive, l’anneau peut être retiré au cours d’une nouvelle intervention en cas de complication, d’inefficacité ou sur demande du patient.
Perte de poids attendue : 40 à 60 % de l’excès de poids. En cas de retrait de l’anneau, une reprise de poids est habituelle. La technique mixte associe restriction et malabsorption. La malabsorption revient à court-circuiter le parcours normal des aliments afin qu’ils passent directement dans l’intestin grêle et soient moins assimilés par l’organisme.chirurgie-obesite_bypass

Le bypass

C’est une technique mixte qui consiste à la fois à réduire la capacité de l’estomac et à court-circuiter le chemin des aliments qui vont directement dans la partie moyenne de l’intestin grêle (aucun organe n’est enlevé).
Perte de poids attendue : 70 à 75 % de l’excès de poids.

La dérivation biliopancréatiquchirurgie-obesite_derivation-biliopancréatiquee

C’est une technique mixte qui consiste à réduire la taille de l’estomac et à diviser l’intestin grêle en deux parties. L’une des parties relie l’estomac au gros intestin, l’autre transporte les sécrétions digestives du foie et du pancréas à la fin de l’intestin grêle. Ainsi, les aliments ne sont digérés par les sucs digestifs et assimilés que sur une courte portion de l’intestin grêle et l’essentiel des aliments passent directement dans le gros intestin sans être absorbés.
Cette technique est réservée aux patients avec un IMC supérieur à 50 kg/m² et/ou après échec d’une autre technique.

Après l’opération, un suivi à vie

En raison de risques de complications post-opératoires et d’un retentissement nutritionnel (risque de carences dont certaines peuvent conduire à des atteintes neurologiques graves), une opération de chirurgie bariatrique nécessite un suivi à vie avec une équipe pluridisciplinaire en liaison avec le médecin traitant. La fréquence des consultations sera d’au moins 4 fois la première année puis d’une ou deux fois par an par la suite. Le suivi est effectué sur plusieurs plans :

  • médical : recherche de carences vitaminiques ou nutritionnelles,
  • éducatif : diététique et activité physique,
  • psychologique et/ou psychiatrique,
  • chirurgical : recherche de complications ou d’un dysfonctionnement du montage chirurgical. La chirurgie réparatrice est possible après stabilisation de la perte de poids, 12 à 18 mois après la chirurgie bariatrique,

En plus de tout cela, en cas de grossesse, le suivi est d’autant plus important.

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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  1. Le tutour

    IMC entre 30 et 35 : obésité modérée Voilà pourquoi je me suis mis au Végétarisme….En quelques années en travaillant assis, et me nourrissant sur le pouce et mal dans de mauvaises conditions j’ai pris du poids. J’ai vu mon médecin qui m’a prescrit une cure minceur. Je suis dans l’attente du départ au Printemps.

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