Vrai / Faux

Le vrai du faux des conseils donnés aux femmes enceintes !

Mis à jour le 20/11/2015 par Bérangère Barataud

Il existe une multitude de recommandations pour les femmes enceintes sur le tabac, l’alimentation, l’alcool, le café, le soja… mais il est parfois difficile de s'y retrouver ! Entre idées reçues et conseils surprenants, faites le point grâce à ce vrai-faux.

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Les traitements de substituts nicotiniques pour arrêter de fumer sont interdits pendant la grossesse.
FAUX
Même si les approches psychologiques et comportementales doivent être privilégiées pour arrêter de fumer pendant la grossesse, l’utilisation de substituts nicotiniques est autorisée depuis 1997. En effet, la nicotine qu’ils diffusent reste préférable au plus de 4000 substances nocives contenues dans les cigarettes ! De plus, ils permettent une propagation lente de la nicotine. Votre forte motivation pour faire ce qu’il y a de mieux pour votre bébé fait de la grossesse un bon moment pour arrêter de fumer. Si vous souhaitez être aidée, n’hésitez pas à en parler à votre médecin, il vous conseillera sur les méthodes les plus sûres pour vous et votre enfant.

Une femme sur deux en âge d’avoir des enfants présente un déficit d’acide folique, vitamine indispensable au bon développement du fœtus.
VRAI
L’acide folique, également appelé folates ou vitamine B9, est une vitamine qui joue un rôle important au moment de la conception d’un enfant et pendant la grossesse, en particulier au cours du premier mois. Elle assure une bonne croissance et réduit les risques de malformation du bébé. Or, en France, près de la moitié des femmes en âge d’avoir des enfants présente un déficit en acide folique ! Il est naturellement présent dans certains aliments : levure, épinard, cresson, chicorée, pissenlit, mâche, melon, légumes à feuilles (laitue, chou…), haricots verts, petits pois, radis… Une alimentation variée et équilibrée contribue notablement à couvrir les besoins. Cependant, si vous envisagez une grossesse, parlez-en à votre médecin, il vous prescrira un supplément nutritionnel pendant les deux mois précédents et le mois suivant la conception (si la grossesse ne survenait pas au moment souhaité, les suppléments nutritionnels ne présentent pas de risque aux doses prescrites.)

Pendant la grossesse, la femme forme une réserve graisseuse de 2 à 4 kg.
VRAI
Au cours de sa grossesse, une femme enceinte accumule entre 2 à 4 kg de graisse (acides gras poly-insaturés). Mais rassurez-vous, cette réserve est utilisée par le fœtus essentiellement entre la 35e et la 40e semaine ! En effet, le fœtus n’est constitué que de 20 à 25 g de lipides jusqu’à la 25e semaine de son développement, mais il se rattrape par la suite pour atteindre plus de 600 g de lipides à la naissance ! La consommation d’acides gras par le futur bébé est telle dans les dernières semaines que l’alimentation de la mère ne suffirait pas à les couvrir. Une petite réserve est donc indispensable !

Le placenta filtre une partie de l’alcool bu par une femme enceinte.
FAUX
Le placenta ne constitue en aucun cas une barrière à l’alcool consommé par une femme enceinte. La concentration d’alcool dans le sang du bébé est alors exactement la même que celle de sa mère ! Or l’alcool peut avoir des effets néfastes sur le développement du cerveau du fœtus, tout au long de la vie intra-utérine. Il est donc recommandé de ne pas consommer d’alcool pendant toute la durée de la grossesse.

La caféine est déconseillée aux femmes enceintes.
FAUX
Des études montrent qu’une consommation raisonnable de caféine (contenue dans le café, le thé, le chocolat, les sodas ou autres boissons) n’a pas d’effets délétères ou toxiques chez le fœtus. Attention tout de même, au-delà de 5 tasses de café ou de 3 litres de cola par jour, des troubles du rythme cardiaque fœtal et/ou néo-natal ont été observés.

Les femmes enceintes doivent limiter leur consommation de produits à base de soja.
VRAI
Le soja contient des phyto-estrogènes dont la structure est proche de l’estradiol, une hormone qui agit en particulier sur les caractères sexuels secondaires féminins (développement des seins, croissance de l’utérus et de l’endomètre pour permettre les règles et la grossesse…). Ceci explique notamment l’utilisation de produits à base de soja pour limiter les effets de la ménopause.
Il est conseillé à la population de ne pas consommer plus de 1 mg par kg et par jour de phyto-estrogènes. Cette recommandation est particulièrement valable chez les femmes enceintes et allaitantes car une partie des phyto-estrogènes est transmise à l’enfant par le placenta ou le lait maternel. Cette mesure de précaution est conséquente à des expériences menées chez les animaux qui ont montré des anomalies de développement des organes génitaux et des troubles de la fertilité de la progéniture après exposition in utero ou néonatale aux phyto-estrogènes.
Même si aucune anomalie de cet ordre n’a été observée chez l’homme, la prudence réclame de ne pas consommer de compléments alimentaires contenant des phyto-estrogènes, ainsi que de ne pas manger plus d’un aliment à base de soja par jour (« jus » de soja, tofu, desserts à base de soja…) pendant la grossesse et l’allaitement.

Sources :

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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