La nouvelle sexualité des seniors

Mis à jour le 03/05/2017 par Bérangère Barataud

Les croyances selon lesquelles il ne devrait plus y avoir de sexualité à partir d’un certain âge ou que la sexualité serait réservée à la jeunesse sont dépassées ! A l’âge d’être grands-parents, une sexualité est toujours possible et largement vécue par la plupart des seniors. Quels peuvent être les freins à la sexualité des seniors ? Comment s’adapter aux modifications liées à l’âge ? A quoi ressemble la nouvelle sexualité des seniors ? Les réponses à vos questions…

sexualite_seniors_90658231_web

Les freins à la sexualité des seniors

La diminution des sens
Le vieillissement du corps a un impact sur la sexualité, notamment la perte sensorielle des cinq sens et des signaux sexuels. En effet, avec l’âge, l’odorat et l’ouïe déclenchent moins facilement le désir : l’odorat est un sens déclencheur du désir pour 30 % pour les 35-39 ans mais seulement pour 15 % des plus de 70 ans, et l’ouïe est un sens déclencheur du désir pour 12 % de 35 à 39 ans et moitié moins pour les plus de 70 ans. En revanche, la vue reste le sens privilégié du désir. Ce sens ne s’émousse pas avec l’âge, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.
Ainsi, avec le temps, le déclenchement des réactions sexuelles nécessite une plus grande excitation sexuelle. De même, pour les hommes, le temps de « récupération » entre deux orgasmes s’allonge progressivement. Globalement, pour les seniors, les réactions sexuelles prennent plus de temps qu’auparavant mais ne disparaissent pas !

Les troubles de l’érection
Plusieurs études ont montré que les troubles de l’érection étaient de plus en plus fréquents avec l’âge : 34 % des sexagénaires sont concernés, 53 % des septuagénaires et 81 % des octogénaires.

La sécheresse vaginale
Après les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale est le deuxième symptôme le plus fréquent chez la femme ménopausée sans traitement hormonal. En effet, la lubrification peut demander de 2 à 3 minutes chez la femme ménopausée alors qu’elle est de 10 à 30 secondes chez l’adolescente. Cependant, les femmes qui continuent à avoir des relations sexuelles régulières sont moins sujettes à ce trouble.

Le prolapsus, également appelé « descente d’organes », est assez fréquent après la ménopause et entraîne des troubles du sphincter et des sensations de douleurs ou d’inconfort lors de la pénétration, rendant la sexualité problématique.

Les maladies
Les maladies chroniques, de plus en plus fréquentes avec l’âge, peuvent avoir un impact sur la sexualité : douleurs, perte de mobilité… Une étude a notamment démontré que les hommes souffrant de troubles rhumatismaux et de douleurs chroniques avaient un niveau de désir sexuel significativement plus bas que les autres.

Les modifications physiques
Le vieillissement s’accompagne d’une modification de la silhouette, les rides et cheveux blancs apparaissent… Chez les femmes ménopausées particulièrement, en raison des variations du taux d’hormones, on observe une perte musculaire et une augmentation de la masse grasse dont la répartition change. Cette image négative d’un corps dégradé a des répercussions directes et tout aussi négatives sur l’excitation sexuelle, chez les femmes en particulier.

Une nouvelle façon de vivre sa vie

La crise de milieu de vie
Il existe un moment charnière, variable pour chacun, dans lequel on prend conscience de son propre vieillissement. Ce peut être à l’occasion de l’installation d’une maladie, de la ménopause, d’une intervention chirurgicale, d’un évènement lié à une perte (chômage, retraite, deuil…). La façon dont on réagit à cette « crise de milieu de vie », détermine la façon dont on va vivra sa vieillesse et sa sexualité. Il faut savoir s’adapter à une nouvelle réalité pour continuer de vivre, d’aimer et d’avoir une sexualité. Il est possible d’accepter les modifications imposées par le vieillissement, sans pour autant renoncer à sa sexualité.

La sexualité continue
L’augmentation du nombre de divorces ou de séparations provoque de fait la recréation de couples chez les seniors : 22 % se remettent en couple à la soixantaine et 9 % après 70 ans. Aux États-Unis notamment, 75 % des femmes de plus de 50 ans et 81 % des hommes du même âge se remettent en couple après une séparation, et 57 % des hommes et 54 % des femmes disent avoir une vie sexuelle active une fois remariés.

Une nouvelle sexualité

A 60 ans, on a encore près d’un tiers de la vie devant soi, et grâce à l’amélioration des soins et des conditions de vie, on est en bien meilleure forme que ses parents au même âge ! On peut continuer sa vie sexuelle, vivre selon ses désirs mais en s’adaptant à ses possibilités physiques.
Si les réactions sexuelles prennent plus de temps chez les seniors, on observe cependant une nette régression des difficultés sexuelles. Les troubles du plaisir ont tendance à s’améliorer et passent ainsi de 27 % chez les jeunes femmes (18-29 ans) à 17 % chez les cinquantenaires, le manque de désir sexuel de 32 % à 27 % pour les mêmes tranches d’âge, et les douleurs lors des rapports sexuels de 21 % à 8 %. Pour les hommes, les troubles du plaisir ont tendance à diminuer et passent de 10 % chez les 18-29 ans à 6 % chez les 50-59 ans. De plus, les problèmes d’éjaculation précoce semblent diminuer avec l’âge et l’orgasme est souvent plus intense chez les seniors.
Enfin, les seniors expriment leur sexualité de manière plus diversifiée que les plus jeunes. Et en effet, avec l’âge, la sexualité évolue pour devenir moins physique et davantage relationnelle et émotionnelle, moins sexuelle et davantage sensuelle, plus érotique que génitale, elle prend son temps. Les hommes deviennent plus réceptifs et les femmes plus actives. Les préliminaires sont privilégiés afin de prendre le temps de faire naître le désir, de faciliter la lubrification et de provoquer l’érection, et des relations sexuelles régulières entretiennent les mécanismes de réaction.

Sources :

Mots clefs

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

Tous les articles de Géraldine
A lire aussi

Veiller sur son audition

28 août 2014 -

Dossier

Protéger sa vue

28 août 2014 -

Dossier

Votre avis nous intéresse
Laisser un commentaire, que pensez-vous de cet article ?

Blue Captcha Image Refresh

*