Dossier spécial

Les facteurs à l’origine d’une prise de poids

Mis à jour le 15/11/2017 par Bérangère Barataud

Il n’y a jamais eu autant de personnes en situation de surpoids ou d’obésité qu’aujourd’hui. De nombreux facteurs entrent en jeu dans la prise de poids. Si l'on pense souvent aux mauvaises habitudes d’hygiène de vie, on en oublie parfois d’autres, comme les facteurs psychologiques, les traitements médicamenteux ou encore l’hérédité. Petit tour d’horizon (non exhaustif) des raisons qui peuvent nous faire grossir…

prise de poids

Les mauvaises habitudes alimentaires

Première cause à l’origine d’une prise de poids : une alimentation déséquilibrée. Produits transformés riches en matières grasses et en sel, fast-foods, repas déstructurés, grignotage, le tout associé à un déficit de consommation de fruits et légumes. Nos habitudes alimentaires ont beaucoup évolué ces dernières années et sont à l’origine de nombreux kilos superflus.

D’après l’INSEE, « 15 % des personnes déclarent grignoter très souvent ; c’est le cas de 29 % des jeunes ». De plus, 20 % du temps passé à manger l’est devant la télévision. Et les écrans peuvent avoir des conséquences néfastes sur la prise alimentaire : il a été prouvé que l’on est moins attentif à sa faim et sa satiété lorsque l’on est devant un écran. Résultat : on mange davantage, et souvent même sans s’en apercevoir. Il en est de même pour les repas pris devant son écran d’ordinateur !

Tout cela s’accompagne d’une offre alimentaire qui a beaucoup évolué ces dernières décennies : les fast-foods fleurissent dans toutes les villes, et les industries agroalimentaires rivalisent d’idées pour faciliter la consommation de leurs produits à tout moment et en tout lieu… Des plats tout prêts, bien souvent riches en sel et en matières grasses saturées, mauvaises pour l’organisme. Et ce sont les jeunes les principales cibles de ces nouveaux marchés.

En parallèle, les Français sont toujours en deçà des recommandations officielles concernant leur consommation de fruits et légumes : seul 1 Français sur 4 atteint la recommandation de consommer 5 fruits et légumes par jour.

La sédentarité

L’activité physique va de paire avec une alimentation équilibrée, ce sont les piliers d’une bonne santé et d’un poids stable. Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus sédentaires, facteur favorisant la prise de poids. D’après un rapport de 2017 de Santé publique France, l’activité physique est insuffisante pour la moitié de la population.
Là encore, l’impact des écrans est non négligeable puisque la majorité de la population passe plus de 3 heures par jour devant un écran (hors travail).

L’environnement

Les facteurs environnementaux sont de plus en plus montrés du doigt comme étant une cause de prise de poids. Ils sont très divers : stress, manque de sommeil, prise de certains médicaments
Autre grand facteur environnemental qui joue sur la prise de poids, et ce, bien avant la naissance : les perturbateurs endocriniens ! Il s’agit de molécules présentes dans de nombreux objets de la vie courante (cosmétiques, produits d’hygiène, peintures, mais aussi dans l’alimentation, par le biais de pesticides, des emballages…). Ils vont perturber l’action des hormones et induire de mauvais messages dans l’organisme. Ces perturbateurs, que l’on trouve aujourd’hui partout, ont un impact important sur de nombreuses fonctions du corps, principalement la reproduction et la régulation du poids. Le fœtus et l’enfant sont particulièrement sensibles à ces substances.

L’accumulation de régimes

Après un régime, pour ne pas reprendre les kilos perdus, les apports énergétiques doivent forcément être inférieurs à ceux qui permettaient, avant, de maintenir un poids stable. Mais il faut savoir que ce constat vaut aussi pour les personnes qui ont repris, au final, leur poids initial. Autrement dit, une personne de 70 kg qui perd 5 kg, mais les reprend par la suite, devra moins manger qu’auparavant pour éviter de prendre encore plus de poids.
Pour explication, dans tout régime, la perte de masse musculaire occasionnée entraîne une baisse du métabolisme de base. En reprenant du poids, on reprend principalement de la masse grasse et non du muscle, ce qui contribue au maintien d’un métabolisme de base « ralenti ». A poids égal, le corps au repos brûlera alors moins de calories et les personnes vont avoir tendance à davantage « stocker ». Ainsi fonctionne la spirale des régimes…

Les préoccupations parentales

Les préoccupations des parents sur le poids de leurs enfants et leur effort pour restreindre leur consommation alimentaire a un impact négatif sur l’estime et la confiance en soi physique et intellectuelle de l’enfant, notamment chez les petites filles à partir de 5 ans. Des études ont montré que « les petites filles les plus insatisfaites de leur corps et préoccupées de leur poids à 5 ans étaient, quel que soit leur poids, les plus susceptibles d’adopter des attitudes de restriction alimentaire, voire de suivre des régimes restrictifs à 9 ans ».

Et la génétique dans tout ça ?!

Nous le savons aujourd’hui, il n’y a pas d’égalité des individus face à la prise de poids. A mode de vie équivalent, certaines personnes vont prendre du poids alors que d’autres garderont un poids stable. Les chercheurs ont identifié des prédispositions génétiques pouvant expliquer ces différences entre les individus. Plusieurs dizaines de gènes seraient impliqués dans la survenue de l’obésité par exemple, et selon la version de ces gènes, notre corps réagit et se régule différemment. Aujourd’hui, on sait par exemple que le risque d’obésité est bien plus élevé chez les individus présentant des antécédents familiaux que chez ceux qui n’en ont pas.

6 sur 8
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Sophie NIKLASZEWSKI

Par Sophie Niklaszewski

Rédactrice nutrition et santé
Ingénieur en alimentation et santé, accro au chocolat et toujours la banane !

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