Troubles de l’érection, quelles solutions ?

Mis à jour le 22/07/2016 par Bérangère Barataud

La dysfonction érectile est un trouble fréquent, pouvant dégrader significativement la qualité de vie d’un homme ou d’un couple. Face à ce problème, il ne faut pas rester seul mais en parler à sa partenaire et consulter un médecin car des traitements efficaces existent. Comment fonctionne l’érection ? Qu’est-ce que la dysfonction érectile ? Quels sont les causes et facteurs de risque ? Comment réagir et quels sont les traitements possibles ? Des réponses… stimulantes !

Dysfonction érectile

Comment fonctionne l’érection ?

Le pénis est composé de trois corps érectiles de forme cylindrique, le corps spongieux et deux corps caverneux, constitués de tissus musculaires et de vaisseaux pouvant se relâcher et se contracter. Lors d’une stimulation sexuelle, les vaisseaux des corps érectiles se relâchent pour laisser passer le sang. Les corps spongieux et caverneux gorgés de sang provoquent alors une érection et la maintiennent en comprimant le réseau veineux pour interdire le retrait du sang. De plus, la verge est entourée d’une membrane qui se durcit lors de l’érection afin d’assurer une rigidité optimale.
L’ouverture et la fermeture des espaces vasculaires de la verge sont commandées par le cerveau via des « neuromédiateurs » du système nerveux végétatif (qui ne dépend pas de la volonté). Ainsi, au repos, la verge est en fait en contraction. C’est la noradrénaline, un neuromédiateur, qui bloque chimiquement les fibres musculaires des corps caverneux en les contractant. Pour qu’une érection se déclenche, ces neuromédiateurs doivent être remplacés par d’autres, dont l’acétylcholine, qui permettent le relâchement musculaire.

Qu’est-ce que la dysfonction érectile ?

Selon l’OMS (Organisation mondiale pour la santé), la dysfonction érectile (DE) est « l’incapacité persistante ou répétée d’obtenir et/ou de maintenir une érection suffisante pour permettre une activité sexuelle satisfaisante ». Cette incapacité doit se prolonger plus de trois mois pour être diagnostiquée comme telle. Elle peut être passagère ou durable, brutale ou progressive, mineure, modérée ou sévère…

Bon à savoir

Souffrir de dysfonction érectile n’implique pas une absence de désir, de plaisir, d’orgasme, ni même d’éjaculation lors de la masturbation ou de contact avec sa/son partenaire. De même, les hommes présentant une dysfonction érectile ne sont pas pour autant stériles.

Quels sont les causes et facteurs de risque du dysfonctionnement érectile ?

  • La dysfonction érectile peut apparaître suite à un problème physique, psychologique, relationnel ou une combinaison de ces facteurs.
  • L’âge : la fréquence de ce trouble progresse avec les années :
    • de 1 à 9 % de 18 à 39 ans ;
    • de 2 à 30 % de 40 à 59 ans ;
    • de 20 à 40 % de 60 à 69 ans ;
    • de 50 à 75 % au-delà de 70 ans.
  • Le diabète ou autres maladies chroniques : les diabétiques sont plus concernés par la dysfonction érectile (et à un plus jeune âge) que le reste de la population. Ils seraient entre 20 et 67 % à être touchés.
  • Les facteurs cardiovasculaires : une HTA traitée, une hyperlipidémie ou des antécédents familiaux d’infarctus du myocarde.
  • Le syndrome métabolique (ensemble de signes physiologiques qui accroissent le risque de certaines maladies).
  • Une chirurgie, une radiothérapie ou un traumatisme dans la zone pelvienne : prostatectomie, chirurgie colorectale ou aortofémorale. A savoir aussi que la pratique régulière et prolongée du vélo pourrait provoquer des microtraumatismes à l’origine d’une dysfonction érectile.
  • Les troubles de l’appareil urinaire souvent liés à la prostate (et donc à l’âge).
  • Le tabac : la dysfonction érectile semble plus fréquente chez les fumeurs. Sans être un facteur de risque indépendant, le tabac augmenterait les effets d’autres facteurs de risque.
  • Les médicaments : antihypertenseurs, antidépresseurs, antipsychotiques, antiépileptiques…
  • L’alcool et les toxicomanies.
  • Les troubles psychiques : dépression, troubles anxieux, angoisse de la performance, stress… Ces troubles provoquent la sécrétion d’hormones (adrénaline, dopamine, sérotonine) impliquées dans le mécanisme de « verrouillage » de l’érection.
  • Le mode de vie et les facteurs économiques : selon plusieurs études, l’activité physique aurait un rôle protecteur face à la dysfonction érectile, alors que la sédentarité serait un facteur favorisant. Un niveau d’études peu élevé, et dans une moindre mesure, de faibles revenus mensuels, semblent liés aux troubles de l’érection. Sans que le lien de cause à effet ne soit réellement démontré, ces facteurs pourraient agir par le biais d’une mauvaise connaissance de la sexualité, d’un défaut d’information ou de conditions de vie difficiles.
  • La/le partenaire : une absence de partenaire ou des troubles sexuels chez la/le partenaire peuvent favoriser la dysfonction érectile. Selon l’AIUS*, « la question du rôle de la partenaire dans le déclenchement ou le maintien de la dysfonction érectile de l’homme est fondamentale ; c’est un facteur qui peut influer sur la motivation sexuelle du couple et sur les modalités et les résultats de la prise en charge ».
  • Les troubles du sommeil : apnée du sommeil, insomnie…
  • Les problèmes relationnels de couple.

Bon à savoir

Une fréquence d’au moins un rapport sexuel par semaine, chez les hommes de plus de 55 ans, peut avoir un effet protecteur contre la dysfonction érectile.

Comment agir en cas de dysfonction érectile ?

La dysfonction érectile peut avoir de sérieuses répercutions sur la qualité de vie, l’équilibre personnel, la confiance en soi, aussi bien sur la personne concernée que chez sa/son partenaire, et peser sur la relation de couple.
Une « panne » ponctuelle peut survenir et ne doit pas inquiéter. En revanche, un trouble de l’érection existant depuis plus de trois mois doit encourager à consulter. Moins d’un homme sur trois souffrant de ce trouble consulte son médecin, pourtant il existe des traitements efficaces.
Lors de la consultation, le médecin cherchera à vérifier qu’il s’agit bien de dysfonction érectile, puis en recherchera les causes en faisant pratiquer des examens (interrogatoire, examen physique, prise de sang…). Dans ce domaine, il est inutile de multiplier les examens, le diagnostic de dysfonction érectile s’appuie le plus souvent sur un ensemble d’arguments et principalement sur un interrogatoire. Le traitement sera choisi en accord avec le couple en fonction des bénéfices, des risques, du coût, des attentes, des préférences du patient et de sa/son partenaire.

Il existe différents traitements contre la dysfonction érectile :

  • Le changement d’hygiène de vie : un régime alimentaire équilibré, un rythme de vie sain, un sevrage du tabac ou autres substances addictives, une activité physique régulière peuvent favoriser un retour à une fonction érectile satisfaisante ;
  • La sexothérapie peut être indiquée en cas de problèmes relationnels de couple ;
  • Le traitement oral : les IPDE5 sont des médicaments contenant des molécules formulées pour induire l’érection. Trois molécules existent aujourd’hui sur le marché français : le sildénafil (Viagra®), le tadalafil (Cialis®) et le vardénafil (Lévitra®). Ces médicaments sont prescrits pour une durée définie et la récupération de la fonction sexuelle est progressive ;
    Attention : En raison des risques liés aux contrefaçons médicamenteuses des IPDE5, il est vivement déconseillé d’acheter ces médicaments sur Internet. La pharmacie est le seul lieu sécurisé pour ce type d’achat.
  • Les traitements locaux (sauf exception, ils ne font pas partie de la prise en charge de première intention) : injections intra-caverneuses ou intra-urétrales ;
  • Le vacuum est un système mécanique consistant à placer la verge dans un cylindre et à provoquer une érection par une pompe à vide. Le sang est maintenu dans la verge en plaçant un anneau élastique compressif à la base du pénis ;
  • Les traitements chirurgicaux : implants péniens ;
  • Les traitements hormonaux.

* AIUS = Association Interdisciplinaire post-Universitaire de Sexologie

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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  1. chambon

    très bon article , clair et précis

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