Comprendre les intolérances alimentaires

Mis à jour le 07/03/2013 par Sophie NIKLASZEWSKI

Souvent assimilées à des allergies alimentaires, les intolérances alimentaires sont en réalité bien différentes par leur mécanisme et parfois aussi leurs symptômes. Quelles sont ces différences ? Quelles sont les intolérances les plus répandues ? Quels aliments sont à proscrire ? Nos explications…

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Intolérance n’est pas allergie

Il ne faut pas confondre intolérance alimentaire, allergie et pseudo-allergie, qui sont toutes les trois déclenchées par des mécanismes différents dans l’organisme.
L’intolérance alimentaire est l’incapacité à digérer un aliment à cause d’un ou plusieurs de ses composants. Deux causes possibles : un déficit de certaines enzymes ou un désordre immunitaire.
L’intolérance se manifeste principalement par des symptômes digestifs : maux de ventre, ballonnements, diarrhées, vomissements… Ces symptômes n’apparaissent généralement pas immédiatement après la consommation de l’aliment coupable, c’est ce qui rend le diagnostic difficile à établir. Une fois l’intolérance identifiée, le seul traitement est d’éviter toute consommation du ou des aliments qui en sont responsables.

L’allergie alimentaire est une réponse excessive du système immunitaire contre une substance (l’allergène), qui n’est normalement pas dangereuse. L’organisme réagit alors rapidement et de manière excessive.
Après ingestion de l’allergène en question, les symptômes apparaissent très vite : urticaire, rhinite, gêne respiratoire, asthme, œdème de Quincke voire choc anaphylactique (c’est à dire baisse brutale de la tension artérielle) dans les cas les plus extrêmes.

La pseudo-allergie (appelée également fausse allergie) provoque des réactions de type démangeaisons ou urticaire, pouvant survenir après l’ingestion d’aliments riches en histamine (le chocolat, certains poissons…), ou provoquant une libération d’histamine par l’organisme (beaucoup de fruits exotiques comme l’ananas et le kiwi, les fraises, les crustacés…). Les symptômes peuvent faire croire à une allergie, mais le mécanisme est en réalité différent, puisque ce n’est pas une réaction immunitaire.

Les intolérances les plus fréquemment observées

L’intolérance au gluten (ou maladie cœliaque)

Le gluten est une protéine présente dans certaines céréales comme le blé, le seigle, l’orge… et se retrouve donc dans de nombreux produits alimentaires de consommation courante (produits de boulangerie, pâtes, semoule, préparations contenant de la farine comme la sauce béchamel, la chapelure, certaines confiseries industrielles (nougat, guimauve, pâte d’amande), ou encore de nombreux plats préparés).

L’intolérance au gluten se caractérise par une diminution des replis de la muqueuse intestinale, ce qui provoque une diminution des capacités de l’intestin à absorber les nutriments, et en particulier le fer et le calcium. Les symptômes sont multiples : diarrhée chronique, selles grasses, amaigrissement, anémie, fatigue, flatulences, douleurs abdominales, douleurs osseuses… Cette intolérance peut se déclarer dès la naissance (ou plus particulièrement dès le sevrage) ou plus tard, mais elle apparaît généralement avant l’âge de 30 ans.

En pratique, les personnes intolérantes au gluten doivent éliminer de leurs menus toute source de gluten. Ce régime d’exclusion n’est pas facile à appliquer, car de nombreux produits alimentaires renferment du gluten. La lecture des étiquettes est donc très importante, d’autant plus que le gluten, quand il est présent dans un produit alimentaire, doit obligatoirement être signalé dans la liste d’ingrédients.

A savoir !

  • Il existe aujourd’hui de plus en plus de produits garantis sans gluten, qui permettent aux personnes intolérantes de manger équilibré. On les trouve surtout dans les magasins bio, mais aussi de plus en plus dans les supermarchés.
  • La Sécurité Sociale rembourse sous certaines conditions les produits alimentaires adaptés aux intolérants au gluten, sous forme d’un forfait mensuel (pour plus d’informations, consultez le site de l’Association française des intolérants au gluten).
  • Certains produits comme les conserves et les plats cuisinés peuvent contenir du gluten, inscrit dans la liste d’ingrédients sous le terme « amidon » ou « matières amylacées ».
  • Certains médicaments contiennent du gluten, les personnes intolérantes doivent donc être vigilantes.
  • Le riz, le maïs, le soja, le sésame, la farine de châtaigne ou encore le quinoa ne renferment pas de gluten et peuvent donc être consommés par les intolérants au gluten en toute sécurité !
  • Le gluten n’est pas mauvais pour la santé de chacun ! Une personne non intolérante peut en consommer sans aucun problème.
  • Des diarrhées fréquentes ou des douleurs abdominales régulières ne signifient pas forcément une intolérance au gluten. Il est important de parler de vos symptômes avec un médecin, qui vous aiguillera vers les analyses complémentaires à pratiquer.

L’intolérance au lactose

Le lactose est le sucre présent dans le lait. Il se retrouve donc dans les produits laitiers, en quantités variables (beaucoup de lactose dans un verre de lait, à l’inverse des quantités très faibles dans les fromages fermentés comme le camembert ou le gruyère ainsi que dans le beurre).
On peut également en trouver dans d’autres aliments comme les pâtisseries, les glaces, la charcuterie, les jus de fruits…)

Les personnes intolérantes au lactose possèdent un déficit en lactases. Le lactose ne peut pas être digéré correctement, ce qui provoque des douleurs dans le ventre, des diarrhées, des flatulences voire des maux de tête. Attention à ne pas confondre avec l’allergie aux protéines de lait.
L’intolérance au lactose se développe généralement à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Très rares sont les cas d’intolérance au lactose dès la naissance. C’est une intolérance fréquente, puisque l’on estime que 20% de la population adulte française est touchée à un degré plus ou moins important.

En pratique, selon le degré d’intolérance, les mesures à prendre diffèrent :

  • en cas d’intolérance légère, il suffit d’éviter de consommer du lait à jeun ou en grande quantité. En revanche le lait en faible quantité ou consommé sous forme de préparation (purée, riz au lait…) et la consommation de yaourts, fromages et autres produits laitiers ne posent pas de problème en quantité modérée.
  • en cas d’intolérance moyenne, il est conseillé d’éviter la consommation de lait, et de préférer la consommation de lait délactosé. En revanche les fromages et les yaourts ne posent pas de problème particulier.
  • en cas d’intolérance sévère, le lactose doit être supprimé de l’alimentation. Pour atteindre les 3 produits laitiers quotidiens, il est recommandé d’acheter des produits laitiers délactosés.

Bon à savoir

  • Il est important de maintenir une consommation suffisante de produits laitiers au quotidien (3 portions voire 4 pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées) ou de trouver des produits de substitution pour assurer un apport en calcium et en vitamine D (amandes, cresson, sardines…).
  • Pour les intolérants au lactose (légers ou moyens), il est déconseillé de consommer les produits laitiers à jeun, mais de favoriser leur consommation au moment des repas.
  • Certains médicaments contiennent du lactose.
  • Attention à l’auto-diagnostic ! Des douleurs abdominales fréquentes ne signifient pas forcément une intolérance au lactose. N’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Plus d’infos :

Sources :

 

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Sophie NIKLASZEWSKI

Par Sophie Niklaszewski

Rédactrice nutrition et santé
Ingénieur en alimentation et santé, accro au chocolat et toujours la banane !

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