Comment marche le stress ?

Mis à jour le 24/01/2012 par Sophie NIKLASZEWSKI

Nombre de Français se déclarent stressés, mais à quelle définition précise correspond ce mot ? Quelle est la différence entre « stress aigu » et « stress chronique » ? Quels sont les mécanismes du stress ? Et quels sont ses méfaits sur la santé ? Enfin, quel est le meilleur moyen d’y répondre ? Des explications pour retrouver la sérénité !

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Définition

Le stress est une réaction complexe à une situation précise. Il est à la fois d’ordre biologique, psychologique et social. Au niveau européen, le stress est défini comme « résultant d’un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».

Les mécanismes du stress

Les mécanismes du stress ont été décrits pour la première fois dans les années 1930 par un médecin autrichien : Hans Selye.
Le stress est en fait un réflexe naturel à un évènement qui nécessite notre réaction, comme la fuite ou le combat. Face à un évènement alarmant notre corps réagit en sécrétant des hormones afin de placer l’organisme en « sur-régime » et mettre à sa disposition suffisamment d’oxygène et de glucose. Dans un premier temps des catécholamines (dont l’adrénaline) vont favoriser l’oxygénation du cerveau, du cœur et des muscles. Puis les glucocorticoïdes permettent de libérer dans l’organisme la quantité de glucose nécessaire. En cas de stress momentané (appelé « stress aigu »), la sécrétion de glucocorticoïdes cesse quand l’événement disparaît.
Dans notre vie de tous les jours, nous rencontrons régulièrement et naturellement des épisodes de stress aigu : courir pour ne pas rater son train, passer un examen, rendre un rapport professionnel en urgence… Ce stress n’est ni « bon » ni « mauvais ». C’est une réaction naturelle d’adaptation à l’environnement et il n’a pas de conséquence négative sur la santé.
Le stress chronique résulte du même mécanisme que le stress aigu mais à la différence de ce dernier, le facteur de stress ne disparaît pas. Ainsi, les hormones du stress continuent d’être produites et d’hyperstimuler l’organisme. Mais le corps n’est pas fait pour résister à ce traitement sur le long terme. Progressivement, il fatigue puis s’épuise…

Les manifestations du stress chronique

En réponse à l’hyperstimulation de ses organes, le corps s’épuise et trois types de symptômes apparaissent : physiques, émotionnels et intellectuels.

Symptômes physiques : douleurs des tendons ou des articulations, douleurs abdominales, maux de tête, troubles du sommeil, de l’appétit, de la digestion, sensations d’essoufflement, d’oppression, sueurs…

Symptômes émotionnels : nervosité, crises de larmes, angoisse, excitation, tristesse, mal-être…

Symptômes intellectuels : troubles de la concentration, oublis, erreurs, difficultés à prendre des initiatives ou des décisions qui peuvent gêner les activités de travail…

En réponse à ces symptômes, les personnes souffrant de stress chronique ont souvent recours à deux types de produits :

  • des calmants (somnifères, anxiolytiques, sédatifs, alcool…) dans l’espoir de mettre fin à un état d’excitation permanent,
  • des excitants (tabac, café ou autres drogues stimulantes), surtout en journée.

De plus, le stress chronique provoque généralement un désir de fuite de l’environnement stressant, entraînant inhibition, repli sur soi, diminution des activités sociales…
Enfin, avec le temps, un « syndrome métabolique » se développe. C’est le premier stade pathologique observable du stress chronique. Il comprend : hypertension artérielle, obésité abdominale, résistance à l’insuline et perturbation du métabolisme des lipides sanguins. D’autres maladies peuvent également se développer : maladies cardio-vasculaires, troubles anxio-dépressifs, troubles musculo-squelettiques, fragilité immunitaire, burn-out (épuisement physique et émotionnel)…

Réagir face au stress

En cas de stress chronique, trois phases se succèdent :

1 – Une phase pendant laquelle la personne souffrante ressent un sentiment d’impuissance et de paralysie.

2 – Un phase de tentative d’adaptation. Lors de cette phase, chaque personne va tenter de s’adapter selon les réactions psychologiques propres à son tempérament.
– Fuir la cause de stress,
– Recourir à des techniques de gestion des émotions. La gestion du stress qui associe des connaissances sur le stress à des techniques de mise à distance des émotions et de relaxation. Cette technique a une efficacité très limitée dans le temps car elle n’agit pas sur les causes du stress.
– Mettre en place une stratégie de résolution du problème, c’est-à-dire agir sur les causes du stress. Cette dernière stratégie est la plus efficace.

3 – A la suite de la phase d’adaptation, soit la personne aura réussi à agir sur les causes de son stress, soit elle devra faire face à une aggravation de symptômes qui peuvent devenir irréversibles.

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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