Alimentation et cancer

Mis à jour le 03/02/2017 par Bérangère Barataud

Avec un nombre de cas en augmentation chaque année et près de 355 000 nouveaux cas en 2012, le cancer reste l’un des principaux enjeux de santé publique. De nombreux facteurs entrent en jeu dans le déclenchement de cette maladie. Parmi eux, la nutrition est une variable sur laquelle il est possible d’agir. Quels sont les liens identifiés entre l’alimentation, l’activité physique et les différents cancers ? Quels sont les aliments et comportements diminuant les risques de cancer ? Zoom sur des éléments qui peuvent faire la différence…

cancer nutrition

Le lien entre alimentation et cancers

Ces quarante dernières années, de nombreuses études scientifiques ont démontré l’impact de l’alimentation sur la survenue de certains cancers. La synthèse du rapport « Nutrition et prévention primaire des cancers » réalisée par l’Institut national du cancer en collaboration avec le Réseau national alimentation cancer recherche (NACRe) ont analysé la littérature scientifique sur le sujet et établi une liste des facteurs augmentant ou diminuant les risques de cancer.

Principales relations concluantes entre des facteurs alimentaires ou nutritionnels
et le risque de cancers, mentionnées dans le rapport « Nutrition et prévention primaire des cancers (2015) »

Augmentation du risque de cancers :

Police rouge : niveau de preuve convaincant
Police noire : niveau de preuve suggéré ou probable
H : Hommes ; F : Femmes ; post-M : post-ménopause ; pré-M : pré-ménopause

Facteur alimentaire ou nutritionnelLocalisation de cancers
Surpoids et obésitéŒsophage
Pancréas
Côlon-rectum (H et F)
Sein (post-M)
Endomètre
Rein
Vésicule biliaire
Foie
Ovaire
Boissons alcooliséesBouche
Pharynx
Larynx
Œsophage
Côlon-rectum (H)
Sein (pré-M et post-M)
Foie
Côlon-rectum (F)
Viandes rougesCôlon-rectum (H et F)
Pancréas
Poumon
Vessie
Sein (pré-M et post-M)
CharcuteriesCôlon-rectum (H et F)
Estomac
Pancréas
SelEstomac
Aliments salésEstomac
Produits laitiers Prostate (au-delà des 3 portions recommandées)
Compléments alimentaires à base de bêta-carotènePoumon (en particulier chez les fumeurs et personnes exposées à l’amiante)
Estomac (en particulier chez les fumeurs et personnes exposées à l’amiante)

Diminution du risque de cancers

Facteur alimentaire ou nutritionnelLocalisation de cancers
Activité physiqueCôlon-rectum (H)
Côlon-rectum (F)
Sein (pré-M et post-M)
Endomètre
Poumon
FruitsBouche
Pharynx
Larynx
Œsophage
Poumon
Estomac
Côlon-rectum (H et F)
Légumes non féculentsBouche
Pharynx
Larynx
Œsophage
Estomac
Côlon-rectum (H et F)
Poumon
Aliments contenant des fibresCôlon-rectum (H et F)
Sein (Pré-M et post-M)
Produits laitiers Côlon-rectum
AllaitementSein (pré-M et post-M)
Ovaire


Ainsi, il existe une corrélation entre la consommation de certains aliments, les comportements et le développement de certains cancers. En revanche, contrairement à ce que pourraient laisser croire certains titres de livres ou d’articles vendeurs, aucun aliment ne peut prétendre à lui seul protéger du cancer car cette maladie dépend d’une multitude de facteurs : la nutrition mais aussi les gènes, les hormones, le travail et l’environnement.

Les recommandations nutritionnelles

L’association d’une alimentation diversifiée et équilibrée, d’un apport calorique adapté aux dépenses énergétiques et d’une activité physique régulière permettrait de diminuer le nombre de cancers d’environ un tiers !

Nos conseils

  • Consommez au moins 5 fruits et légumes variés par jour (400 g) : légumes frais, surgelés, en conserve, crus ou cuits.
  • Augmentez votre consommation d’aliments riches en fibres : aliments céréaliers peu transformés (céréales complètes) et légumes secs.
  • Limitez votre consommation :
    • d’alcool, sous quelque forme que ce soit (vin, bière, spiritueux…), tant sur le plan de la quantité que sur le plan de la fréquence,
    • de viande rouge à 500 g par semaine. Vous pouvez la remplacer en alternant viandes blanches, poissons, œufs ou légumineuses,
    • de charcuteries à 25 g par jour, en particulier celles très grasses et/ou très salées. Essayez de diminuer tant les quantités que la fréquence de consommation,
    • de sel en réduisant les plats préparés et l’ajout de sel pendant la cuisson et dans l’assiette.
  • Ne consommez pas de compléments alimentaires (sauf prescription médicale), mais tentez de satisfaire vos besoins nutritionnels en adoptant une alimentation variée.
  • Pratiquez l’équivalent de 30 minutes de marche rapide au moins 5 fois par semaine ou 20 minutes d’activité élevée, comparable au jogging, trois fois par semaine (60 minutes pour les enfants et adolescents) et limitez les activités sédentaires (télévision, ordinateur).
  • Essayez de maintenir un poids normal (IMC entre 18,5 et 25) en adoptant une alimentation équilibrée et en pratiquant de l’activité physique régulièrement.
  • Pour les mères, allaitez si possible votre enfant de manière exclusive jusqu’à l’âge de 6 mois.

Sources :

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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