Cancer du col de l’utérus : un programme national de dépistage

Mis à jour le 13/05/2019 par Bérangère Barataud

Un programme national de dépistage du cancer du col de l'utérus a été lancé en France pour toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans. Objectif : détecter plus tôt et chez un plus grand nombre de femmes des lésions précancéreuses afin de les traiter avant qu'elles ne se transforment en cancer. Ce test de dépistage permettrait d'éviter 90 % des cancers du col de l'utérus.

Dépistage cancer du col de l'utérus

Cancer du col de l’utérus : un dépistage généralisé

Le programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus s’adresse à toutes les femmes de 25 à 65 ans.

Le test de dépistage, par frottis, est recommandé tous les 3 ans, après deux premiers tests normaux réalisés à un an d’intervalle. Ce test permet de repérer, grâce à une analyse microscopique, d’éventuelles cellules anormales au niveau du col de l’utérus.

  • Si vous n’avez pas effectué de dépistage depuis plus de 3 ans : vous recevez un courrier du centre régional de coordination des dépistages des cancers vous invitant à consulter votre gynécologue, médecin ou sage-femme pour faire ce dépistage. Ce courrier est à présenter le jour du test au professionnel de santé pour une prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais.
  • Si vous effectuez déjà un dépistage tous les 3 ans, ou plus fréquemment en fonction de vos antécédents familiaux et médicaux : rien ne change pour vous, à part le transfert de vos résultats au centre régional de coordination des dépistages des cancers, en charge de la mise en œuvre et de l’évaluation de ce dépistage généralisé.

Bon à savoir

Chaque année, le cancer du col de l’utérus touche plus de 3000 femmes, occasionnant plus de 1000 décès. Il est provoqué par l’exposition à un virus HPV (papillomavirus humain) présent sur les tissus et les muqueuses, 20 à 30 ans auparavant. Ce virus se transmet lors des rapports sexuels, avec ou sans pénétration, et l’usage du préservatif ne garantit pas une protection à 100 %.

Vous êtes aussi concernée par le test de dépistage si :

  • vous avez été vaccinée contre le papillomavirus (HPV), car la vaccination ne protège pas à 100 % contre le HPV ;
  • vous n’avez pas de rapports sexuels ;
  • vous ne prenez pas la pilule ;
  • vous êtes ménopausée.

Les femmes enceintes peuvent également faire un frottis de dépistage sans prendre de risque.

Le dépistage en pratique

Le frottis consiste à prélever des cellules au niveau du col de l’utérus pour qu’elles soient ensuite analysées en laboratoire. La patiente est installée en position gynécologique et le prélèvement est rapide et indolore. Seule une petite gêne peut être ressentie.

Vous recevez les résultats du frottis quelques jours après le prélèvement. Si besoin, votre médecin vous contactera pour des examens complémentaires (nouveau test, colposcopie).

La consultation, le prélèvement (frottis) et l’analyse du test de dépistage sont remboursés à hauteur de 70 % par l’Assurance maladie. Votre mutuelle peut vous rembourser tout ou partie des 30 % restant.
Par contre, aucune avance de frais n’est demandée aux personnes ayant reçu le courrier les invitant à faire le dépistage, ou bénéficiant de la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) ou de l’aide médicale d’Etat (AME).

Bon à savoir

Les précautions à prendre avant un frottis :

  • Prévoir un rendez-vous en dehors de la période des règles ;
  • Eviter les rapports sexuels 24 à 48 heures avant l’examen ;
  • Reporter le rendez-vous en cas de traitement local par voie vaginale.

Qui peut réaliser le test de dépistage ?

Pour bénéficier d’un frottis, vous pouvez prendre rendez-vous avec :

  • un gynécologue ;
  • un médecin généraliste ;
  • une sage-femme (même si vous n’êtes pas enceinte).

Il est aussi possible de s’adresser à :

  • un centre de santé ou centre mutualiste ;
  • un centre de planification familiale ;
  • un laboratoire d’analyse (avec une prescription médicale) ;
  • un hôpital.

Pourquoi se faire dépister ?

Le cancer du col de l’utérus a la particularité de se développer très lentement. Un dépistage précoce permet de détecter des lésions précancéreuses au niveau du col de l’utérus et d’intervenir avant qu’elles n’évoluent en cancer. Cet examen de dépistage permettrait d’éviter près de 90 % des cancers.

Au moindre signe inhabituel (douleurs inexpliquées, saignements…), n’hésitez pas à consulter votre médecin ou votre gynécologue.

Connaissez-vous le test HPV ?
Le test HPV est réalisé à partir d’un prélèvement vaginal (comme pour le frottis) et permet de détecter, grâce à une analyse moléculaire, la présence de virus HPV à haut risque. Le Collectif « HPV Maintenant ! » milite pour intégrer le test HPV dans le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus. « Pour chaque million de tests réalisés par frottis, 3200 femmes ne sont pas détectées alors qu’elles l’auraient été avec le test HPV », explique Richard Fabre, biologiste médical, membre fondateur et porte-parole du Collectif. Ce test, plus sensible que le frottis, permettrait d’identifier 30 femmes à risque de plus par jour par rapport au frottis. « En même temps, ce test a l’avantage de donner la quasi-certitude de l’absence de lésions précancéreuses et permettrait aussi d’élargir l’intervalle de dépistage », précise le Dr Joseph Monsonego, gynécologue, spécialiste de la colposcopie et de la prise en charge des pathologies associées aux papillomavirus (HPV).
Pourtant, aujourd’hui, le test HPV n’est prescrit qu’en seconde intention pour confirmer ou non des résultats de frottis incertains. Il coûte 27 € et n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. Le Collectif « HPV Maintenant ! » souhaiterait une combinaison inverse des deux techniques, à savoir l’usage du test HPV, plus sensible, en première intention, et ensuite, si besoin, le recours au frottis en test complémentaire pour sa spécificité.

Sources :

Bérangère Barataud

Rédigé le 22 janvier 2016

Par Bérangère Barataud

Férue de presse scientifique et d'infos santé, mais surtout maman poule !

Tous les articles de Bérangère Barataud
Votre avis nous intéresse

  1. TARRERIAS

    Article concis.
    Hélas le dépistage par frottis n’est pas fiable à 100% puisqu’un cas vécu démontre le contraire: examen + frottis en novembre de l’année A : RAS
    Douleurs au printemps suivant (année A+1) examens complémentaires, avec diagnostic de cancer très sérieux (IRM). Intervention chirurgicale fin mai de A+21 , suivie de rayons et chimio. résultat: décès moins de 12 mois après (année A+2).
    Conclusion: seul l’examen à l’IRM a été capable de démontrer l’existence de cette pathologie.

    Répondre
    • Bérangère Barataud

      Bérangère Barataud

      Bonjour,
      Nous vous remercions pour ce témoignage et nous sommes tout à fait d’accord avec vous. Il est bon de rappeler que la fiabilité d’un examen de dépistage n’est malheureusement pas de 100 %. Dans le cas du frottis, les tests dits « faussement positifs » (quand le résultat du test annonce une lésion suspecte alors que les examens complémentaires démontrent le contraire) sont rares. Mais les tests « faussement négatifs » sont moins rares, surtout en cas de lésions précancéreuses. D’où l’importance de la régularité dans la pratique de ces tests de dépistage.
      N’oublions pas pour autant que le dépistage (même s’il touche un nombre limité de sujets, uniquement ceux qui ont une lésion trouvée par le dépistage) permet de diminuer le nombre de décès par cancer grâce à la mise en place d’une prise en charge précoce.
      Encore merci pour cette réaction et à très bientôt sur notre site MGC Prévention.

      Répondre
Laisser un commentaire, que pensez-vous de cet article ?

Blue Captcha Image Refresh

*