Burn-out : quand le travail consume…

Mis à jour le 08/11/2017 par Bérangère Barataud

Le terme « burn-out », littéralement « brûlé jusqu’au bout », exprime l’épuisement de ses ressources internes en raison d’une demande excessive d’énergie. Le concept est défini aux Etats-Unis dans les années 70 pour qualifier un état d’épuisement professionnel intense. En France, près de 480 000 salariés seraient touchés par le burn-out. A quoi correspond exactement ce trouble ? Quels sont les facteurs de risque ? Comment agir ? Toutes les réponses à vos questions…

burn-out

Qu’est-ce que le burn-out ?

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel (SEP), entre dans la catégorie des risques psychosociaux (RPS) comme le stress, le harcèlement (moral et sexuel) et les violences externes (exercées par des personnes extérieures à l’entreprise à l’encontre des salariés).

Le burn-out est un ensemble de réactions à une situation de stress professionnel qui dure dans le temps. Il se caractérise par trois dimensions :

  • Un épuisement émotionnel : une sensation de vide, d’impuissance, une incapacité à ressentir ou exprimer une émotion.
  • Un cynisme vis-à-vis du travail : attitude négative, dure et détachée vis-à-vis de son travail et des personnes (collègues, encadrement, clients, patients…), désengagement progressif.
  • Une perte de l’accomplissement personnel au travail : dévalorisation de soi, sentiment d’être inefficace, de ne pas être à la hauteur du poste.

Il n’existe pas de symptômes spécifiques du burn-out, on parle plutôt de « manifestations » du burn-out :

  • Sur le plan cognitif : difficulté de concentration, impossibilité de prendre des décisions, difficultés à faire des opérations simples, altération de la qualité du travail…
  • Sur le plan physique : fatigue très importante, maux de tête, douleurs dorsales, musculaires, problèmes dermatologiques, digestifs, troubles de l’alimentation, troubles du sommeil, augmentation du risque cardiovasculaire… Ces troubles ont la particularité de ne pas pouvoir être soulagés par le sommeil, le repos ou les congés.
  • Sur le plan comportemental ou interpersonnel : conduites addictives, automédication et/ou prise de psychotropes pour « tenir le coup », agressivité, repli sur soi, isolement social…

Lié à l’origine au monde professionnel, le burn-out a un impact sur la vie privée : divorce, isolement social, répercussions sur l’éducation des enfants…

Les facteurs de risque du burn-out

Les facteurs de risque du burn-out sont, la plupart du temps, des facteurs de stress. L’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) liste les facteurs suivants :

  • Une absence de soutien social : relations insuffisantes ou de mauvaise qualité avec les collègues, les supérieurs, les proches ;
  • Une absence de reconnaissance du travail effectué ;
  • Un manque de contrôle : faiblesse de la participation aux prises de décision, des marges de manœuvre, manque de retour d’information sur l’efficacité du travail ;
  • Une perte de sens du travail ;
  • Une surcharge de travail ;
  • Un sentiment d’injustice, de manque de réciprocité ;
  • Des demandes contradictoires ;
  • Un manque de clarté dans les objectifs, les moyens

Qui est concerné par le burn-out ?

A l’origine, ce syndrome a été identifié parmi le personnel soignant et aidant. Il touche aujourd’hui toutes les professions.
Cependant, les répercussions du burn-out sont plus dommageables chez les soignants ou aidants ayant un engagement personnel intense (médecins, infirmières, aides à domicile, enseignants, avocats…) car la relation à l’autre est à la base de leur profession.

Comment agir contre le burn-out ?

Si vous êtes concerné personnellement :

  • Ne restez pas seul face à ce problème. Parlez-en à vos proches et à votre entourage professionnel.
  • N’hésitez pas à consulter votre médecin ou un médecin du travail si vous avez l’impression de vous sentir vidé, fatigué, irritable…
  • Parlez des difficultés que vous rencontrez au travail avec votre supérieur ou les représentants du personnel afin d’agir sur la source de votre stress.

Si vous pensez qu’une personne de votre entourage souffre de burn-out :

  • N’attendez pas pour réagir en espérant que les choses vont s’arranger avec le temps. Dès la prise de conscience d’une situation de souffrance et/ou de signes d’épuisement, parlez-en avec la personne concernée et incitez-la à consulter un médecin.

En entreprise :

  • Veillez à ne pas agir contre les règles et valeurs du métier qui sont à la base de l’engagement des salariés.
  • Favorisez le travail en équipe et le soutien social : évitez les postes de travail isolés, favorisez les pauses collectives et les moments de convivialité…
  • Veillez à la charge de travail de chacun : planifiez le travail à l’avance, veillez à la prise de congés, RTT… des travailleurs, adaptez parfois les horaires de travail…
  • Mettez en place une démarche de prévention : sensibilisez les travailleurs à détecter les signaux émanant de leurs collègues ou d’eux-mêmes.

Sources :

Géraldine Colleu

Par Géraldine Colleu

Rédactrice santé
Passionnée d'art et de lettres, mais surtout incollable en prévention santé !

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